Léon ROTHIER

Léon Rothier dans Fidelio (Fernando) à l'Opéra-Comique
Léon Antoine ROTHIER dit Léon ROTHIER
basse française
(17 rue des Carmes, Reims, Marne, 26 décembre 1874* – New York, États-Unis, 06 juillet 1951)
Fils de François ROTHIER (Reims, 13 mars 1852* – Reims, 09 avril 1914*), photographe, et d’Antoinette Angélique CAHOUSSIN (Reims, 03 juin 1856* – Reims, 18 avril 1909*), modiste, mariés à Reims le 15 octobre 1873*.
Epouse 1. à Paris 9e le 11 juin 1901* (divorce le 14 avril 1904) Marie Julienne BERETTA dite CHARLES-MAZARIN puis Mariette MAZARIN (1877–1953), soprano ; parents de Germaine Marie ROTHIER (Paris 9e, 29 décembre 1900* – Pierre-Bénite [auj. Oullins-Pierre-Bénite], Rhône, 29 septembre 1974).
Epouse 2. à Montreuil, Seine [auj. Seine-Saint-Denis] le 23 mai 1905* Jeanne CHARPY dite Simone de MAUBORGET (Montreuil, 25 avril 1876* – New York, 1948), soprano, fille de François Alphonse CHARPY (Valdahon, Doubs, 28 mai 1839 – Meudon, Seine-et-Oise [auj. Hauts-de-Seine], 27 décembre 1926*), fabricant de savon, et de Fanchette Rosine SIMOND (Orbe, Vaud, Suisse, 28 novembre 1842 – ap. 1926), mariés à Paris 20e le 31 mai 1862*.
Il étudia d'abord le violon et fit partie de l’orchestre de la Société Philharmonique de Reims. Il entra ensuite au Conservatoire de Paris, où il obtint en 1895, une 3e médaille de solfège ; en 1897, une 2e médaille de solfège, un second prix de chant et un 1er accessit d’opéra ; en 1898, une 1re médaille de solfège et un 2e accessit d’opéra-comique ; et en 1899, les premiers prix de chant et d’opéra-comique. Il chanta salle Favart (1899-1903), et en province (Grand-Théâtre de Marseille, 1903-1907 ; Grand-Théâtre de Bordeaux, 1905), à Bruxelles et à Monte-Carlo. Le 12 février 1909, il créa Quo vadis ? (Pierre) de Jean Nouguès à l’Opéra de Nice. Puis, le 10 décembre 1910, il débuta dans Faust (Méphistophélès) au Metropolitan Opera de New York, où il fit une brillante carrière durant une trentaine d’années. Il y chanta entre autres, la première le 29 mars 1911 d’Ariane et Barbe-Bleue (Barbe-Bleue) de Dukas, et le 05 janvier 1922 celle du Roi d’Ys (le Roi) de Lalo. Le 05 mars 1906, il fut nommé officier d’académie. Le 07 août 1931, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur par le ministère des Affaires étrangères, en tant qu’artiste lyrique à New York.
En 1901, il habitait 23 rue de Bruxelles à Paris 9e ; en 1905, 19 rue Vacon à Marseille ; en 1931, 789 West End Avenue (11e avenue) à New York.

Simone de Mauborget (Mme Rothier) en 1905
|
Sa carrière à l'Opéra-Comique
Il y débuta le 01 octobre 1899 dans Philémon et Baucis (Jupiter).
Il y créa le 02 février 1900 Louise (le Bricoleur ; 100e le 22 février 1901) de Gustave Charpentier ; le 11 avril 1900 le Juif Polonais (le Songeur) de Camille Erlanger ; le 14 juillet 1900 la Marseillaise (Desaix) de Lucien Lambert.
Il y chanta la Basoche (Roland, 16 novembre 1900 ; 100e le 01 mars 1902) ; Bastien et Bastienne (Colas) ; la Bohème (Benoît, Colline) ; Carmen (Zuniga) ; Cendrillon (le Roi, 24 décembre 1899) ; la Chercheuse d'esprit (Monsieur Narquois, 22 février 1900) ; Fidelio (Fernando) ; Joseph (Utobal, 15 mai 1900) ; le Médecin malgré lui (Valère, 06 novembre 1902) ; Mireille (Ramon) ; Rose et Colas (Colas) ; la Traviata (le Docteur, 12 février 1903) ; les Visitandines (Belfort père, 15 mai 1900). |
Sa carrière à l'Opéra de Paris
Au cours d'un gala, le 11 novembre 1900, il participa à la première de Carmen (Zuniga) de Georges Bizet [2e acte seul]. |

de g. à dr. Margarete Matzenauer (Dalila), Enrico Caruso (Samson) et Léon Rothier (un vieillard hébreu) dans la scène finale de l'acte I de Samson et Dalila au Metropolitan Opera de New York
|
Né le 26 décembre 1874, à Reims, où son père exerce la profession de photographe et est un des hommes les plus estimés de la ville. Après d’excellentes études classiques, il entra en 1890 dans la maison paternelle et fut photographe jusqu’en 1894, date de son entrée au Conservatoire de Paris. Il a commencé à l’âge de six ans l’étude du violon sous la direction de Bunzli, professeur émérite, et ensuite avec Vautier, gendre de son premier maître. A quinze ans il fait partie de l’orchestre de la Société philharmonique de Reims et y reste jusqu’en 1894 ; simultanément, et en amateur toujours, il travaille le chant avec Rougé, ex-baryton du théâtre de Reims. Malgré les hésitations paternelles très compréhensibles, Léon Rothier se présente au Conservatoire national de musique de Paris. Il subit avec succès les épreuves du concours d’admission et est reçu en octobre 1894 à l’unanimité, avec le n°5 sur 10 admis et sur 120 concurrents. Il entre dans la classe de chant de Crosti. A la fin de la première année, il obtient la troisième médaille de solfège, classe Villaret. Part au régiment pour un an au 132e de ligne. Revient au Conservatoire en 1896 et remporte le 2e prix de chant au premier concours et un 1er accessit d’opéra, classe Melchissédec. Obtient en 1897 la seconde médaille et en 1898 la première médaille de solfège à l’unanimité, classe Vernaelde, ainsi qu’un 2e accessit d’opéra-comique, classe Lhérie. En 1899 : premier prix de chant à l’unanimité, seul nommé, classe Crosti. Et premier prix d’opéra-comique à l’unanimité, seul nommé, classe Lhérie. Engagé à l’Opéra-Comique, il débute le 1er octobre 1899 dans le rôle de Jupiter de Philémon et Baucis, avec un succès retentissant. Joue successivement pendant quatre années consécutives toutes les pièces du répertoire sur notre seconde scène lyrique : Carmen, Mireille, Colline de la Vie de bohème, la Basoche, les Visitandines, la Chercheuse d’esprit, Joseph, Cendrillon, le Médecin malgré lui, Werther, la Traviata, etc. Prend part à plusieurs créations : Louise, le Juif polonais, Bastien et Bastienne, la Carmélite, etc. Quitte l’Opéra-Comique en 1903, appelé par un brillant engagement à l’Opéra municipal de Marseille où il tient l’emploi de première basse chantante d’opéra et d’opéra-comique avec un talent et une autorité qui le font réengager brillamment pour l’hiver suivant par M. Valcourt. Excellent dans tous les rôles du répertoire, il se fit acclamer sur cette scène justement redoutée de tous les artistes. La presse et le public marseillais louèrent et applaudirent sans réserve celui qui fut tour à tour, avec une rare justesse de sentiment et d’expression : Méphisto, Saint-Bris, Gessler, Basile, Nilakantha, Oberthal, Lothario, Tonio (de Paillasse), des Grieux, Schaunard, Myrrhon (de Messaline), Narr’Havas (de Salammbô), Peters (de l’Etoile du Nord), le Père (de Louise) et Hans Sachs (des Maîtres Chanteurs). Ces deux derniers ouvrages valurent à l’excellente basse chantante un triomphe sans égal et consacrèrent définitivement sa réputation de chanteur et de comédien. Sa voix pure, chaudement timbrée, parfaitement homogène, bien posée, caressante ou violemment puissante, atteignant sans difficulté les notes les plus élevées de l’échelle ; sa diction nette, sa complète connaissance de la musique, du chant et de la scène, son physique agréable, sa taille élevée et élégante en font un artiste des plus complets et des mieux organisés de notre époque. Nous saluons en M. Rothier une gloire naissante de l’art du chant français que Paris reprendra bientôt à la province. (Annuaire des Artistes, 1902 et 1905)
|

Léon Rothier

l'Acte II lors de la création de Louise : de g. à dr. Mmes Pauline Vaillant (la Glaneuse), Micaëlly (la Petite Chiffonnière), M. Léon Rothier (le Bricoleur) [photo Carle de Mazibourg]
|
Discographie
Victor, New York
03/04/1914 Un ballo in maschera (Verdi): « La rivedrò nell'estasi » avec Enrico Caruso, Frieda Hempel, Andrés de Segurola, Chœurs du Metropolitan Opera, Orchestre dir Gaetano Sconamiglio 89077 mat C-14659-2 Un ballo in maschera (Verdi): « È scherzo od è follia » avec Enrico Caruso, Frieda Hempel, Maria Duchêne, Andrés de Segurola, Chœurs du Metropolitan Opera, Orchestre dir Gaetano Sconamiglio 89076 mat C-14660-1
Columbia, New York
16/03/1916 la Flûte enchantée (Mozart): « O Isis et Osiris » A 5812 mat 48632-1 la Marseillaise (Rouget de Lisle) A 5823 mat 48633-4 le Caïd (Thomas): Air du tambour-major A 5876 mat 48634-4 23/03/1916 la Bohème (Puccini) « Vecchia zimarra » inédit, mat 46662-1 le Cor (Flégier) A 5999 mat 48645-3 27/03/1916 les Huguenots (Meyerbeer) « Piff ! paff ! » A 5876 mat 48647-2 Don Carlos (Verdi): « Ella giammai m'amo » A 5812 mat 48659-2 05/05/1916 le Père la Victoire (Ganne) A 5823 mat 48791-2 03-05/1916 la Bannière étoilée E 3558 mat 58545-2 Amérique E 3558 mat 58546-1 29/03/1917 les Deux grenadiers (Schumann) A 5999 mat 49169 13/05/1918 la Marseillaise (Rouget de Lisle) inédit, mat 77823
|
|
Air des Prêtres "Ô Isis, Osiris" extrait de l'acte III de la Flûte enchantée de Mozart [version française] Léon Rothier (Sarastro) et Orchestre Columbia A 5812, mat. 48632-1, enr. à New York le 16 mars 1916
|
Air du Tambour-major extrait de l'acte I du Caïd de Thomas Léon Rothier (Michel) et Orchestre Columbia A 5876, mat. 48634-4, enr. à New York le 16 mars 1916
|
Chanson huguenote "Piff ! Paff !" extrait de l'acte I des Huguenots de Meyerbeer Léon Rothier (Marcel) et Orchestre Columbia A 5876, mat. 48647-2, enr. à New York le 27 mars 1916
|
