Léon GRESSE

Léon Gresse (Pogner) lors de la première des Maîtres chanteurs de Nuremberg à l'Opéra en 1897 (photo Nadar) [BNF]
Pierre Napoléon GRESSE dit Léon GRESSE
basse française
(Charolles, Saône-et-Loire, 22 juillet 1841* – Marly-le-Roi, Seine-et-Oise [auj. Yvelines], 13 avril 1900*)
Fils de Louis Claude Marie dit Auguste GRESSE (Charolles, Saône-et-Loire, 26 mars 1812* – ap. 1866), caissier à la Recette des finances, percepteur des contributions [fils de Pierre Gabriel GRESSE (Volesvres, Saône-et-Loire, 26 janvier 1780 – Charolles, 18 juin 1854*), employé à la Recette des finances], et de Jeanne Philiberte MOMMESSIN (Charolles, 08 juin 1811* – Lyon 3e, Rhône, 16 août 1864*), mariés à Charolles le 14 septembre 1840*.
Epouse à Lyon 3e le 30 octobre 1866* Reine DESCAILLOT (Cluny, Saône-et-Loire, 09 septembre 1846* – Marly-le-Roi, 20 octobre 1913*).
Parents d’André GRESSE (1868–1937), basse.
Il fut d’abord peintre décorateur. Doué d'une superbe voix de basse profonde, il fut engagé au Casino de Lyon puis se rendit à Paris où il apprit le chant. Il fut élève de Novelli, Croharé, Marietti et Chappuis. Il débuta au Havre dans le Chalet et la Fille du Régiment, puis chanta à Toulouse. Il se présenta pour la première fois en 1875 sur la scène de l'Opéra, dans le rôle d'un des fossoyeurs d'Hamlet. Il n'y resta pas et fut engagé l'année suivante au Théâtre-Lyrique de la Gaîté, où il joua le Barbier de Séville, et créa des rôles dans : Dimitri (Job) de Joncières le 05 mai 1876 ; le Bravo (Contarini) de Salvayre le 18 avril 1877 ; l'Aumônier du Régiment (Robert) de Salomon le 13 septembre 1877 ; Gilles de Bretagne (Richemont) de Kowalski le 24 décembre 1878. La Gaîté ayant renoncé au genre lyrique, Léon Gresse retourna en province, puis alla tenir son emploi de basse profonde au théâtre de la Monnaie de Bruxelles. Il y créa le 19 décembre 1881 Hérodiade (Phanuel) de Jules Massenet et y obtint ses premiers grands succès lors de la première le 19 janvier 1883 de Mefistofele (Mefistofele) de Boito et lors de la création de Sigurd (Hagen) de Reyer le 07 janvier 1884. La façon magistrale avec laquelle il créa le rôle de Hagen le mit tellement en évidence que, lorsqu'en 1885, Ritt et Gailhard se décidèrent à monter cet ouvrage à Paris, Gresse fut engagé à l’Opéra (06 mai 1885), où il retrouva son succès de Bruxelles. Depuis, il resta constamment attaché à ce théâtre. Avec son organe généreux et sonore, il y tint en chef l'emploi occupé naguère par Levasseur et Obin, et il en a pris tous les rôles dans Guillaume Tell, la Favorite, les Huguenots, le Cid, l'Africaine, Rigoletto, la Juive, Robert le Diable, le Prophète, Aïda et Hamlet. Il créa également des ouvrages nouveaux : Othello, la Walkyrie, la Montagne noire, les Maîtres chanteurs de Nuremberg, etc. Le 01 janvier 1890, il fut nommé officier d’académie, et le 27 février 1899, officier de l’instruction publique. Il fut nommé chevalier du mérite agricole pour ses essais de culture et de distillation. Son fils André Gresse fit également une carrière de basse à l'Opéra où il débuta le 07 janvier 1901.
Il est décédé en 1900 à cinquante-huit ans, en son domicile, chemin de Montval à Marly-le-Roi.
|
Sa carrière à l'Opéra de Paris
Il y débuta le 20 octobre 1875 dans Hamlet (un Fossoyeur).
Il y participa à la première le 12 juin 1885 de Sigurd (Hagen, 100e le 30 décembre 1891) d’Ernest Reyer ; le 12 mai 1893 de la Walkyrie (Hounding ; 100e le 13 mars 1899) de Richard Wagner [version française de Victor Wilder] ; le 12 octobre 1894 d’Othello (Ludovic) de Giuseppe Verdi [version française de Boito et Du Locle] ; le 10 novembre 1897 des Maîtres chanteurs de Nuremberg (Pogner) de Richard Wagner [version française d’Alfred Ernst].
Il y créa le 08 février 1895 la Montagne-Noire (le Père Sava).
Il y chanta les Huguenots (Saint-Bris, 1875 ; Marcel, 1885) ; Guillaume Tell (Gessler, 1876 ; Walther, 1885) ; la Favorite (Balthazar, 1885) ; la Juive (Brogni, 1885 ; 500e le 26 mai 1886) ; Rigoletto (Sparafucile, 1886) ; Robert le Diable (Bertram, 700e le 07 juillet 1886) ; l'Africaine (don Pedro, 1886) ; le Cid (don Diègue, 1886) ; Aïda (Ramphis, 16 mars 1887) ; le Prophète (Zacharie, 1887 ; 500e le 10 février 1899) ; Hamlet (le Roi Claudius, 1888) ; Samson et Dalila (un Vieillard hébreu, 1893) ; Roméo et Juliette (Frère Laurent, 1894). |

Léon Gresse dans la Walkyrie (Hounding) [à dr. photo Benque]
|
Basse profonde, a débuté en 1875, dans l'un des fossoyeurs d'Hamlet. Il disparut ensuite pour piocher son répertoire en province. Nous le retrouvons au théâtre lyrique de la Gaîté, sous la direction Vizentini. Sa belle voix y fait merveille dans le Bravo, de Salvayre, qu'il crée avec Lhérie, Bouhy, Caisso, mesdames Heilbronn et Engally. Gresse alla ensuite à Bruxelles. Il en revint avec Sigurd, dont il chante, à l'Opéra, le rôle d'Hagen, créé par lui à la Monnaie. La voix est étendue et belle. (Adrien Laroque, Acteurs et actrices de Paris, juillet 1899)
Excellent artiste doué d'une superbe voix de basse. D'abord peintre décorateur à Lyon, où il reçut une deuxième médaille de dessin ornemental à l'Exposition des Beaux-Arts en 1869. Il y commença en 1867 ses études de chant à l'école Baussant ; vint à Paris et se perfectionna avec les professeurs Novelli, Croharé et Marietti, et avec Chappuis à Bruxelles. Il débuta le 1er octobre 1869 au grand Théâtre du Havre dans le Chalet, la Fille du régiment et Galathée. La saison d'opéra finissant, le directeur, afin de l'employer, en attendant son départ pour Toulouse, où il venait de l'engager, lui distribua quelques rôles de drame et de comédie ; c'est ainsi qu'il joua dans les Crochets du Père Martin, le Bossu, les Vivacités du Capitaine Tic, etc. A Toulouse, où M. Gresse se rendit ensuite, il fut applaudi dans le répertoire de première basse chantante d'opéra-comique, si bien qu'il fut engagé par M. Halanzier pour l'Opéra de Paris en 1875. L'année suivante, prêté par la direction, il entrait au Théâtre-Lyrique où il créait avec bonheur : Dimitri, le Bravo, l'Aumonier du régiment, Gilles de Bretagne. En 1878 il fut engagé à la Monnaie de Bruxelles en qualité de première basse noble de grand opéra où il créa Hérodiade, Méphistophélès et Sigurd. De 1880 à 1884 il alla à Londres au Théâtre de Covent Garden se faire entendre dans le répertoire italien. Au mois de mai 1885, il rentra à l'Opéra de Paris où outre Sigurd qu'il a chanté à la première représentation il créa : Othello, la Walkyrie, la Montagne noire et en 1897 les Maîtres chanteurs de Nuremberg. Cet artiste s'est produit avec maîtrise dans tout le répertoire habituel. Officier d’Académie, M. Léon Gresse, qui est propriétaire agricole à Marly, a été nommé chevalier du Mérite agricole pour ses essais de culture et de distillation. (Annuaire des Artistes, 1899)
|

Léon Gresse dans Hérodiade (Phanuel) lors de la création à Bruxelles en 1881
