Yvette CHAUVIRÉ

Yvette Chauviré dans Giselle en 1950
Yvette Adrienne CHAUVIRÉ dite Yvette CHAUVIRÉ
danseuse française
(123 boulevard de Port-Royal, Paris 14e, 22 avril 1917* – Paris 15e, 19 octobre 2016)
Fille d’Henri Léon CHAUVIRÉ (L’Écuelle, Maslives, Loir-et-Cher, 04 juin 1890 – Paris 13e, 08 avril 1952*), métallurgiste puis artisan dessinateur [fils d’Henri René CHAUVIRÉ (Angrie, Maine-et-Loire, 21 novembre 1861 – Paris 15e, 28 octobre 1923*), entrepreneur de charpentes], et de Berthe Véronique PINCHARD (Fourmies, Nord, 29 avril 1897 – Paris 15e, 27 février 1983), modiste, mariés à Paris 15e le 07 octobre 1916*.
Epouse av. 1950 Kostia NEPOKOÏTCHITZKY dit Constantin NEPO (Moscou, Russie, 03 mars 1914 – 30 décembre 1976), peintre et dessinateur de décors de ballets.
Engagée en 1931 à l’Opéra, elle a ses premiers succès en 1937 dans les ballets de Serge Lifar : créations de David triomphant (Molchola, 26 mai 1937) ; d’Alexandre le Grand (une Juive, 21 juin 1937) ; reprise d’Adélaïde (Adélaïde, 28 décembre 1938). En 1939, elle danse la Reine des Willis dans Giselle. En 1941, elle danse le Spectre de la rose (100e le 30 avril 1941), le Chevalier et la Damoiselle (une noble Dame, 02 juillet 1941), Istar (Istar, 31 décembre 1941), et est nommée étoile. Elle crée ensuite Joan de Zarissa (Florence, 10 juillet 1942) ; les Animaux modèles (Elmire, 08 août 1942) ; l’Appel de la montagne (la Vierge, 09 juillet 1945). A la Libération, elle rejoint Serge Lifar à Monte-Carlo et interprète Dramma per musica (la Dame, 02 mai 1946), Chota Roustaveli (Nestan Deredjan, 14 mai 1946) et Nautéos (Leucothéa, 26 avril 1947). Revenue à l’Opéra en 1947, elle y danse le Lac des cygnes (Odette), le Chevalier et la Damoiselle (la Damoiselle, 08 décembre 1947), Mirages (l’Ombre, 15 décembre 1947) de Lifar, Pavane pour une infante défunte de Lifar (31 décembre 1947), puis Giselle (le rôle-titre), la Mort du Cygne (10 décembre 1948), Roméo et Juliette (13 avril 1949). Eloignée de l’Opéra en 1949, elle commence une carrière de grande étoile internationale et effectue de grandes tournées de 1949 à 1954. De retour à l’Opéra en qualité d’artiste invitée, elle fait de brillantes créations et reprises : le Cygne (17 juillet 1953) ; Rondo capriccioso, 1954 ; la Belle Hélène (Hélène, 06 avril 1955) ; Concerto aux étoiles (11 juillet 1956). Engagée au théâtre municipal de Rio de Janeiro (1956), elle y danse les grands rôles du répertoire classique ; au Festival de Berlin (1957), elle crée la Dame aux camélias, avec George Skibine. En 1958, elle danse avec les Ballets russes de Monte-Carlo, puis avec le Royal Ballet à Covent Garden (la Mort d’Iseult, 1959). Avec l’Opéra de Paris, elle participe à une tournée en U.R.S.S. (1960), puis, seule (1960, 1966), triomphe dans les plus grands centres soviétiques. Nommée conseillère artistique et technique à l’Opéra de Paris (1963), elle assume la direction de l’école de danse, où elle enseigne également. Conviée à de très nombreuses manifestations artistiques, elle poursuit sa carrière internationale de « prima ballerina assoluta ». Ayant dansé Giselle à l’Opéra de Marseille (1966) avec Rudolf Noureïev, elle en donne une nouvelle présentation, qu’elle crée elle-même à l’Opéra de Paris (1967) avec Cyril Atanassoff, puis qu’elle reprend avec Rudolf Noureïev. Toujours sollicitée par les scènes internationales, elle danse encore la Mort du Cygne au Théâtre Colón de Buenos Aires (1970), mais « fait ses adieux » à la scène (Opéra de Paris, 1972). En 1970, elle ouvre une école de danse à Paris. Elle a été nommée grand officier de la Légion d’honneur le 13 juillet 2010.
Elle est décédée en 2016 à quatre-vingt-dix-neuf ans. Elle est enterrée au Père-Lachaise (44e division).
=> Yvette Chauviré par Claude Baignères (1956)
=> film documentaire sur Serge Peretti [Yvette Chauviré intervient à partir de 12:28]

Yvette Chauviré en 1937 [photo Studio Paul Vitez]
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Osso a présenté la Mort du cygne réalisé par J. Benoît-Lévy, d'après une nouvelle de Paul Morand. Ce film se passe à l'Opéra dont il retrace la vie pittoresque. L'école des petites danseuses, les représentations de ballets sont à voir. Parmi les interprètes : Yvette Chauviré, Mia Slavenska, Janine Charrat, France Ellys, Jean Périer, Mady Berry.
(Larousse mensuel illustré, janvier 1938)
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Yvette Chauviré dans sa loge
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Les représentations des ballets de l’Opéra à Copenhague
Le déplacement à Copenhague de cinquante danseuses et danseurs de notre Académie nationale de danse se fit sous le signe de la reprise des échanges artistiques entre le Danemark et la France et, comme tel, sous les auspices des Relations Culturelles et de l'Association française d'Action artistique. Nulle autre manifestation ne pouvait paraître plus opportune pour renouer de semblables liens avec un pays où l'art chorégraphique revêt une portée nationale que les spectacles donnes par le ballet de l'Opéra. Ce voyage, d'autre part, s'avérait favorable à notre première troupe de danse qui, reconstituée, ayant à sa tête des éléments d'une classe exceptionnelle et animée de nouveau par le souffle régénérateur d'un chorégraphe puissant, se devait d'entreprendre la reconquête, à l'étranger, d'une opinion quelque peu prévenue. A cet égard, le public danois, amateur si perspicace de la danse — ne dispose-t-il pas, au Théâtre royal, de l'un des meilleurs ballets qui soient — constituait le plus averti des critiques pour sanctionner de nouveau et sur un plan international la valeur exacte de notre ensemble et celle des œuvres inscrites à son programme. La réserve observée à l'arrivée du ballet par un public qui n'entendait pas subir un quelconque préjugé fondit comme neige au soleil à la première représentation. Dès le début de la soirée, les spectateurs furent gagnés par l'émotion profonde que suscita, dans Istar, une Yvette Chauviré qui, apparaissant dans toute la plénitude de ses moyens techniques et expressifs, se surpassa encore. Suite en blanc, cette étincelante synthèse de la danse classique, rajeunie en des formes éminemment plastiques, magnifia l'enseignement de l'école française et la gracieuse dextérité de ses élèves. Cette œuvre recueillit tous les suffrages et termina le spectacle en apothéose. Dans ce ballet, comme dans le Palais de cristal, mis au point avec une précision louable — pas et attitudes furent effectués avec une netteté, une rectitude, un ensemble rarement atteints — la virtuosité sans effort apparent, l'impeccable technicité, la pureté du style déployées par nos représentants furent jugées sans rivales. Aux côtés d'Yvette Chauviré, Michel Renault, le danseur accompli, Lycette Darsonval, arrachant les applaudissements en exécutant avec un brio rare sa série de « fouettés », véritable morceau de bravoure. Micheline Bardin, incisive et scénique, Kalioujny, remarquable par sa vigoureuse prestance, Madeleine Lafon, précise et sure, Roger Ritz, que l'on connaît, l'excellent Bozzoni, les Bourgeois, Moreau, Guillot, Gerodez, tous les sujets grands et petits déclenchèrent des ovations longuement répétées. Cet enthousiasme trouva son prolongement dans l'accueil réservé à nos artistes, accueil qui fut encore au-dessus de ce que pouvaient attendre ceux-ci de la célèbre hospitalité scandinave. Au cours de leur séjour, nos danseurs eurent l'occasion d'assister, au Théâtre Royal, à un spectacle de ballets présentée par leurs camarades danois. La surprise admirative qu'ils avaient provoquée, ils la ressentirent eux-mêmes ce soir-là en applaudissant des artistes plus particulièrement doués d'un talent expressif et composant un ensemble qui justifie pleinement l'orgueil que les Danois placent en lui. Au reste, cette troupe doit venir à Paris rendre la visite que vient de lui faire le ballet de l'Opéra. Nul doute que le public parisien soit, à son tour, séduit par l'art chorégraphique danois comme par ceux qui le servent avec foi.
(F.L.B., journal Opéra, 28 janvier 1948)
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Yvette Chauviré dans le second acte de Giselle
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Les étoiles de l’Opéra à Pleyel
Le récital donné par Mlle Yvette Chauviré samedi dernier à la salle Pleyel, bien que fort intéressant et très supérieur au précédent, ne peut, malgré tout, satisfaire pleinement un public parisien habitué à des ballets qui enchaînent — sur un rythme continu et sans césure — soli, variations, ensembles. Présentée dans un cadre qui lui est impropre, privée des enveloppantes sonorités d'un orchestre, la danse d'Yvette Chauviré demeure, certes, d'une haute envolée mais perd quelque peu de son envoûtement. Telle une pierre précieuse dont les feux paraissent se ternir hors de son chaton, telle l'étoile de l'Opéra semble briller d'un moindre éclat, privée de son décor classique. Au reste, tout au long de cette soirée, c'est bien dans un ballet, « l'Ecuyère », que Chauviré obtint le plus vif de ses succès. Cette création, inspirée d'une nouvelle de Kafka, expose — sur une chorégraphie remarquablement évocatrice, riche en trouvailles et admirablement composée pour mettre en valeur les dons particuliers de chaque interprète — des sentiments variés et très contrastés qui exigent des danseurs autant de nuances dans l’expression que de souplesse dans la saltation. Yvette Chauviré nous est apparue d'abord en écuyère enjouée, spirituelle, rejoignant ainsi sa véritable nature pour s'abîmer ensuite dans le désespoir, pour se soumettre à la fatalité symbolisée par le maître autoritaire, le possesseur inexorable. Dans ce rôle difficile, Max Bozzoni témoigne d'un talent qui semble s'affirmer de plus en plus et acquérir une rigueur de bon augure. Guy Lainé, dont on peut regretter le départ de l'Opéra tant son caractère de mime y avait un emploi, atteint parfois — en clown secourable et compatissant — à un pathétisme que dégage, elle aussi la musique de Kosma qui, par moment, semble exhaler une plainte répétée sans cesse comme un refrain. Quant à Michel Renault, poète amoureux et angoisse, il s'est révélé non seulement l'incomparable partenaire d'une Yvette Chauviré, mais il danse avec un style d'une pureté égale au sien, et c'est bien là le meilleur compliment que nous puissions lui faire. La présentation de ce ballet était rehaussée par des décors et surtout par des costumes aux coloris chatoyants, dispersés avec habileté et goût sur les étoffes. En créant cet ouvrage, Serge Lifar s'est exprimé dans toute la plénitude de ses moyens qui sont fertiles. Avec « l'Ecuyère », il ajoute une nouvelle œuvre marquante à un répertoire déjà riche. Si l'on s'en réfère aux ovations nourries et répétées dont il fut l'objet, il apparaît comme le véritable triomphateur de ce récital. Indéniablement, il dispense à ceux qui manifestent ainsi leur émotion les bienfaits apaisants et libérateurs d'un art qu'il sert avec foi et génie. Aussi bien, pour un artiste, est-ce là l'essentiel.. On doit reconnaître qu’il trouve en Yvette Chauviré une interprète sensible qui magnifie encore sa chorégraphie en lui donnant la vie ainsi qu’un stradivarius exalte les plus beaux chants du violon lorsqu'il vibre sous les doigts d'un virtuose. Mais lorsque Yvette Chauviré tente, elle aussi, de se transformer en choréauteur avec Huitième Prélude (Bach) et Solitude (D. Kieffer), on s'aperçoit très vite de l’absence de son guide habituel et éclairé. Dans ce domaine, Yvette Chauriré s'égare encore, fait du « sur place », et tout son beau talent de danseuse, toute sa séduction d'artiste ne peuvent suppléer à l'incertitude du « choréauteur néophyte ». Chota Roustaveli, ballet en quatre actes de Serge Lifar, composé avec le concours de trois musiciens : Honegger, Harsanyi, Tcherepnine, constitue d’après ceux qui ont assisté à sa création à Monte-Carlo, une œuvre souveraine. L’extrait du 2e acte qui fut présenté sans décor, sans orchestration, ne nous permet pas de formuler une opinion. Ce n’était là sans doute qu’un faible reflet, mais on doit regretter que, sous cet aspect fragmentaire, on déflore ainsi la présentation à Paris de ce ballet.
(Robert Favre Le Bret, journal Opéra, 25 février 1948)
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[de g. à dr.] Yvette Chauviré, Max Bozzoni, Michel Renault
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Le Théâtre National de l'Opéra a groupé, au cours d'une même soirée, trois ballets (Septuor, Entre deux rondes, Giselle) mis en scène par Serge Lifar, l'orchestre étant dirigé par Robert Blot. Dans Giselle, Serge Lifar (le prince Albert) a fait ses adieux à la scène. Entourées du corps de ballet, Yvette Chauviré fut une émouvante, fragile et aérienne Giselle, cependant que Claude Bessy prêtait sa sculpturale et altière beauté au personnage de la cruelle reine des Willis. Une fois encore, le célèbre ballet romantique a conquis son public, plus sensible, sans doute, aux danses harmonieuses des Willis qu'à la musique facile d'Adolphe Adam. (Décors et costumes d'Alexandre Benois.)
(René Bailly, Larousse Mensuel Illustré, janvier 1957)
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Yvette Chauviré [photo Musica]
Entretien avec Yvette Chauviré
Il n'est pas toujours facile de rencontrer Yvette Chauviré. Cette Parisienne de Paris, avec son port d'attache au flanc de la Butte Montmartre, inspire, à qui veut l'interviewer, un faux sentiment de sécurité. On sait qu'on peut la joindre chez elle pendant une bonne partie de la matinée ; et que, les soirs où elle est affichée à l'Opéra, elle se trouve dans sa loge, quatre heures au moins avant son entrée en scène. Mais quand on lui téléphone pour solliciter un rendez-vous, on risque fort d'apprendre qu'Yvette est partie la veille et ne rentrera pas avant six semaines. En avril-mai, c'est une tournée en Amérique Latine. En juillet, les vacances. (Yvette Chauviré estime avec raison que le repos fait partie de l'hygiène d'une danseuse.) En août-septembre, une saison à Londres. En octobre, une tournée en U.R.S.S. Et, dans l'intervalle, sa participation au traditionnel gala chorégraphique du casino d'Enghien. Tout cela ne lui laisse pas beaucoup de temps à consacrer à l'Opéra, et nous lui en faisons l'amical reproche. (Car nous avons réussi à lui prendre une heure, dans son petit salon encombré de choses qu'elle aime : aquarelles, papillons, livres, bibelots rapportés d'un peu partout.) — Il est possible que cela change, dit-elle, et je suis la première à le souhaiter. Mais j'ai encore des engagements à remplir à l'extérieur. — Des engagements que vous avez pris... — Dans l'intérêt de ma carrière d'artiste. Je ne pense pas qu'une ballerine doive se contenter de danser une fois par semaine, avec un répertoire d'une demi-douzaine de rôles. C'est à peu près tout ce que je pouvais faire à l'Opéra, ces dernières années : « Giselle », « les Mirages », « Nautéos », « Divertissement », « Suite en blanc », « Istar » et « la Péri ». J'ai bien eu deux créations : « Concerto aux étoiles » et « la Belle Hélène », mais elles ont quitté l'affiche presque aussitôt. Je le regrette vivement, d'ailleurs, en ce qui concerne « la Belle Hélène ». — Nous sommes nombreux à le regretter. Mais, pendant que nous y sommes, parlez-nous de vos créations en dehors du Palais Garnier... — Permettez-moi de ne pas remonter au-delà de 1948. Cette année-là, j'ai créé, salle Pleyel, « l'Ecuyère », de Constantin Népo, Joseph Kosma et Serge Lifar, que j'ai d'ailleurs reprise à Marigny, en 1952. En 1950, j'ai donné « l'Oiseau de feu » et « le Lac des Cygnes », à la Scala de Milan ; en 1952, « Casse-Noisette » et « Petrouchka », au London's Festival Ballet ; la même année, au « Mai Musical » de Florence, quatre nouveaux ballets, dont un « Roméo et Juliette » que j'avais réglé moi-même sur la musique de Tchaïkovsky. En 1955, j'ai pareillement remonté « la Péri », pour la saison de Vichy, dans des décors et costumes de Constantin Népo. Il y a eu aussi « Zéphyre et Flore », de Léonide Massine, à l'Opéra de Rome, en 1953, et la « Cinquième Symphonie », de Tchaïkovski, autre ballet de Massine, à Rio de Janeiro, en 1956. A Enghien, j'ai créé le « Rondo capriccioso » de Saint-Saëns (chorégraphie de Lifar), en 1954, et « l'Indécise », de Lifar et Népo, en 1957. En dehors de la version intégrale de « la Belle au bois dormant », au « Royal Ballet » de Londres, l'an dernier, la plus importante de mes créations récentes a été celle de « la Dame aux camélias », de Henri Sauguet et Tatiana Gsovsky, au Festival de Berlin 1957. A Enghien, vous avez pu voir une scène du « Joan de Zarissa », de Werner Egk, dans la chorégraphie de Mme Gsovsky. Et je passe sous silence les petits ballets éphémères, les pas de deux classiques, « la Mort du cygne » et « Giselle » que j'ai dansés partout. — Vous travaillez tant que vous ne prenez pas le temps de soigner votre publicité. La grande presse parisienne n'a presque pas parlé de la tournée que vous avez faite au printemps, en Amérique du Sud. — ... Avec Claire Sombert, Youly Algaroff et Gert Reinholm. Tout a très bien marché. — N'êtes-vous pas un peu lasse des voyages ? — Non... Je suis toujours heureuse de retrouver Paris et l'Opéra, mais les voyages me passionnent. Ils alimentent ma curiosité, ils enrichissent mon expérience, et je pense qu'un artiste soucieux d'exprimer quelque chose ne cultive jamais assez sa connaissance et sa sensibilité. Mon seul regret est de devoir traverser tous ces pays trop rapidement, et obsédée par des soucis professionnels. J'espère y retourner un jour en touriste, avec un chevalet et une boîte de couleurs !
(Maurice Tassart, Musica disques, septembre 1959)
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Yvette Chauviré en 1960
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Yvette Chauviré, dans la danse de notre temps, c'est la poésie. C'est tout ce qui transcende la danse : le rêve, la mélodie intérieure, le mouvement qui trouve dans la musique sa source. C'est la technique imperceptible, parce que entièrement soumise aux lois de la création spirituelle. C'est la beauté qui dit tout, parce qu'elle transfigure la tragédie de l'âme. Pour Mozart, pour Ravel, la musique devait toujours rester harmonieuse et belle, quels que fussent les sentiments, les situations à exprimer. C'est pour la danse, le secret d'Yvette Chauviré.
(revue l’Opéra de Paris n° 25, 2e trim. 1967)
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Yvette Chauviré