Albert PAILLARD

 

Albert Paillard dans Quo Vadis ? (Vinicius) en 1920

 

 

Albert Louis PAILLARD dit Albert PAILLARD

 

ténor français d'origine suisse

(26 avenue Desambrois, Nice, Alpes-Maritimes, 01 novembre 1886* – Nice, 15 novembre 1961)

 

Fils naturel de Marie Isabelle PAILLARD (Sainte-Croix, Suisse, 25 septembre 1865 – ap. 1909), Suisse mariée à Nice le 24 mai 1892* avec Auguste Charles Ferdinand BEINROTH (Saint-Pétersbourg, Russie, 02 octobre 1840 –), rentier allemand.

Epouse 1. à Paris 2e le 19 octobre 1909* (divorce le 02 mars 1922) Suzanne Joséphine FAURE (Paris 3e, 09 juillet 1887* –), sténodactylographe. Parents de Charlotte Andrée PAILLARD (Paris 19e, 05 août 1913* – Paris 16e, 06 janvier 1936*).

Epouse 2. à Paris 9e le 25 novembre 1922* (divorce le 16 janvier 1931) Marcelle Henriette GOUDARD (Nîmes, Gard, 12 mars 1887 – Sète, Hérault, 22 novembre 1933*), soprano, fille d’Etienne Abel GOUDARD (Bouzigues, Hérault, 26 octobre 1862* – 05 novembre 1940), peintre décorateur [remariée à Sète le 27 décembre 1932* avec Pierre SOAVI, cafetier].

Epouse 3. à Falicon, Alpes-Maritimes, le 11 juin 1948 Andrée Marie GAUDILLOT (Dole, Jura, 15 juin 1901 – Nice, 05 octobre 1983).

 

 

En 1909, il était comptable. Il débuta pendant la saison 1911-1912 à l'Opéra de Nice dans Salammbô (Shahabarim). Il y créa Vercingétorix (Joël) de Félix Fourdrain le 31 janvier 1912 et Myriane (Robert) de Charles Silver le 12 février 1913. Engagé à l’Opéra-Comique, il débuta à la salle Favart en 1914. Le 27 février 1920, il chante une reprise de Quo Vadis ? (Vinicius) au Théâtre des Champs-Elysées aux côtés de Mattia Battistini. Au Trianon-Lyrique, il a créé le 10 novembre 1924, il a créé la Chanson de Paris (Jean) de François Casadesus, et il a chanté une reprise du Pré-aux-Clercs (Mergy) le 21 janvier 1925.

En 1913, il habitait 16 rue Radiguey à Montrouge, Seine [auj. Hauts-de-Seine] ; en 1936, 1 rue Stanislas-Meunier à Paris 20e ; en 1922, 3 rue Alfred-Stevens à Paris 9e. Il est décédé en 1961 à soixante-quinze ans.

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 10 décembre 1914 dans la Fille du régiment (Tonio).

 

Il y chanta les Amoureux de Catherine (Heinrick Walter, 30 janvier 1915) ; la Bohème (Rodolphe) ; Carmen (Don José, 1919) ; Cavalleria rusticana (Torido, 30 décembre 1917) ; Fortunio (D'Azincourt, 12 juin 1915) ; le Jongleur de Notre-Dame (un Moine poète) ; Lakmé (Gérald) ; Louise (le Noctambule, 1916 ; Julien) ; Manon (Des Grieux) ; Mignon (Wilhelm Meister) ; Mireille (Vincent) ; Madame Butterfly (Yamadori) ; Madame Sans-Gêne (Despréaux) ; Paillasse (Canio) ; Phryné (Nicias, 12 avril 1916) ; Ping-Sin (Yao) ; le Roi d'Ys (Mylio, 08 septembre 1918) ; Sapho (Jean Gaussin) ; Thérèse (un Officier, 30 janvier 1915) ; la Traviata (Rodolphe, 19 octobre 1915) ; la Vivandière (Georges, 13 décembre 1914) ; Werther (Werther, 1915).

 

 

 

Albert Paillard en 1912

 

 

 

L'aube du 1er novembre 1886 en se levant sur Nice fut saluée plus joyeusement que de coutume par les Chantecler de la région. C'était un jour heureux, un nouveau ténor était né : M. Albert Paillard.

Il fit ses études au Lycée de Nice et lorsqu'il les eut terminées, trop jeune encore pour commencer le chant, il entra comme comptable dans la Maison Vogade.

Le ténor Gibert de passage, en notre ville, l'entendit, et séduit par sa jolie voix, il voulut assumer la charge de son éducation musicale.

Il l'emmena à Paris et par un sérieux travail, le prépara au théâtre, si bien que sur audition, M. Villefranck n'hésita pas un seul instant à l'engager.

Les débuts qu'il fit dans Shahabarim de Salammbô, justifièrent pleinement les belles espérances que son directeur fondait sur lui et dans peu d'années le jeune ténor pourra être compté parmi les meilleurs demi-caractères de France.

(la Vie mondaine à Nice, 25 janvier 1912)

 

 

Nice a donné le jour à de nombreux artistes dont depuis longtemps la réputation a fait le tour du monde. En voici un qui, tant en France qu'en Amérique, d'où il revient précisément, n'a reçu que de chaleureux applaudissements.

Albert Paillard, est né dans notre ville, le 1er novembre 1886. Il commença ses études au Lycée et les termina au Collège Sasserno.

Tout jeune, Paillard aime l'art du chant. Il n'entend jamais sans une véritable émotion les chants de l'église que soutient la voix sourde des orgues.

Lui aussi veut chanter et, à 13 ans, il débute comme « soprano » dans les maîtrises de la cathédrale et de Notre-Dame.

Ses études terminées, notre concitoyen travaille la comédie à l'ancien Conservatoire de la rue Notre-Dame, sous les conseils de l'excellent professeur Mme Geoffroy-Bidault.

Entendu alors par divers grands artistes lyriques fréquentant la Côte-d'Azur, Paillard est précieusement conseillé et se décide à partir pour Paris. La capitale l'enchante ; il y travaille avec une ardeur sans égale. Il a la chance de rencontrer Berthe Margaud, qui donne à Paillard des indications très précieuses.

M. Villefranck, qui fut directeur de notre grande scène lyrique, l'entend et lui signe sur-le-champ un engagement de trois ans. C'est ainsi que Paillard débuta pendant la saison 1911-1912 sur la scène de l'Opéra de Nice. Il parut pour la première fois dans Salammbô et obtint un succès dont il a gardé un émouvant souvenir.

Il devait chanter ensuite durant les deux dernières années le répertoire de premier ténor d'opéra-comique et de traduction : Faust, la Vie de Bohème, Cavalleria rusticana, Manon, Quo Vadis ?, Gwendoline.

Il créa Myriane du compositeur Silver. Ces débuts avaient été très remarqués, non seulement par la presse niçoise, mais encore et surtout par les critiques de Paris. En sorte que lorsqu'il auditionna à l'Opéra-Comique, Paillard fut engagé sur-le-champ.

Il y tient depuis l'emploi de premier ténor et s'y est acquis une réputation des plus flatteuses. On considère en général Albert Paillard comme un des plus brillants ténors de notre temps. Un moment, avec l'autorisation de l'Opéra-Comique, notre concitoyen va au Théâtre des Champs-Elysées, où il donne une splendide reprise de Vinicius, dans Quo Vadis ? à côté du célèbre Battistini (Petrone).

Il joua ce rôle pendant 75 représentations consécutives, ce qui, pour un ténor, représente un véritable record d'endurance vocale.

L'ayant entendu à Paris, les directeurs du Chicago-Opéra, mondialement réputé, offrirent à Paillard un pont d'or qui le mena en Amérique où le bel artiste a chanté tout l'hiver, tant à Chicago qu'à New York.

La presse américaine, par ses justes louanges, a consacré la réputation d’Albert Paillard, qui fait le plus grand honneur à sa ville natale, dont il parle toujours avec une réelle émotion.

Ici nous suivons avec un réel intérêt la marche ascendante de ce Niçois qui joint à ses qualités de chanteur celles non moins appréciables d'homme intelligent, d'ami dévoué.

(Pierre Borel, l’Eclaireur du Dimanche, Nice, 08 mai 1921)

 

 

 

 

 

 

Encylopédie