Louise MANCINI

Louise Mancini (photo Reutlinger) [BNF]
Louise Antoinette GOGUE dite Louise MANCINI
soprano français
(17 rue Neuve-Corneille [auj. rue Frédérick-Lemaître], Le Havre, Seine-Inférieure [auj. Seine-Maritime], 14 octobre 1881* – hôpital Bichat, 170 boulevard Ney, Paris 18e, 28 octobre 1964*)
Fille d’Antoine Auguste GOGUE (Lunéville, Meurthe-et-Moselle, 20 juin 1845* – Strasbourg, Bas-Rhin, 18 février 1926*), professeur de musique (2e médaille de solfège au Conservatoire de Paris en 1862) [fils de Dominique Claude GOGUE (Clamart, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 30 novembre 1811 – Paris 5e, 05 juin 1888*), musicien], et de Louise Stéphanie MANCINI (Le Havre, 03 février 1856* – Paris 14e, 04 juin 1925*), mariés au Havre le 31 juillet 1880*.
Sœur d’Antoinette Amélie Henriette GOGUE dite Christiane MANCINI (Le Havre, 23 septembre 1887 – Paris 8e, 31 mars 1946), actrice.
Epouse à Paris 9e le 12 décembre 1949* Paul BASTIDE (1879–1962), compositeur.
Entrée au Conservatoire de Paris en 1902, elle obtint en 1904 une 2e médaille de solfège et un second prix de chant, et en 1905, les premiers prix de chant (classe d’Ernest Masson) et d’opéra (classe de Léon Melchissédec). Elle débuta au Palais Garnier l’année suivante. Sur ses actes de mariage et de décès, son patronyme est écrit GOGUÉ.
En 1911, elle habitait 29 rue George-Sand à Paris 16e ; en 1922, 64 rue de Clignancourt à Paris 18e ; en 1949, 9 rue du Cardinal-Mercier à Paris 9e. Lors de son décès en 1964, elle avait quatre-vingt-trois ans et était domiciliée 11 rue Saulnier à Paris 9e.
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Sa carrière à l'Opéra de Paris
Elle y débuta le 06 octobre 1906 dans la Walkyrie (Siegrune).
Elle y chanta Armide (Phénice, 04 mars 1907) ; Ariane (Cypris, 07 octobre 1907) ; Tannhäuser (Vénus, 20 novembre 1907) ; Rigoletto (la Comtesse, 23 décembre 1908) ; le Crépuscule des dieux (une Norne, 21 avril 1909) ; Henry VIII (Lady Clarence, 18 juin 1909) ; les Huguenots (Urbain, 09 août 1909) ; Roméo et Juliette (Stéfano, 18 août 1909) ; Faust (Siebel, 27 août 1909) ; Guillaume Tell (Jemmy, 01 septembre 1909) ; Lohengrin (Ortrude, 06 novembre 1909).
Elle y créa le 24 mai 1907 la Catalane (Rosa) de Fernand Le Borne ; le 16 février 1910 la Forêt (le Cyprès) d’Augustin Savard. |

Louise Mancini en 1905
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Douée d’une voix puissante et généreuse qu’elle conduit en musicienne accomplie, comédienne d’instinct et de tempérament, Mlle Louise Mancini est une grande jeune fille, très brune, à la physionomie des plus expressives, d’une éducation raffinée et d’une affabilité exquise ; elle est, en outre, pianiste distinguée et harmoniste savante. Née au Havre, elle fit les plus brillantes études au lycée de sa ville natale où elle conquit quatre diplômes et brevets ; elle se destinait à la médecine mais montrait, dès son plus jeune âge, des dispositions très grandes pour la musique qu’elle travailla concurremment avec ses autres études. Après avoir fait un séjour en Allemagne, elle décida de commencer l’étude du chant et reçut, à son retour à Paris, les précieuses leçons de Mme Léonce Détroyat, l’éminent professeur. Ses progrès furent des plus rapides et elle fût très tôt en état de subir l’épreuve du concours d’admission au Conservatoire national de Musique. Reçue une des premières, en 1902, elle entra dans la classe de chant de l’excellent et regretté Ernest Masson. En 1904, elle prenait part, pour la première fois, aux concours de fin d’année et remportait un brillant second prix de chant et la médaille de solfège. L’année suivante, en 1905, elle enlevait, aux applaudissements de tous, les deux premiers prix : 1° celui de chant (classe Masson), en interprétant le monologue d’Alceste ; 2° celui d’opéra (classe Melchissédec), en jouant supérieurement le 5e acte de Patrie ! Etant encore élève du Conservatoire, Mlle Louise Mancini fut choisie, en 1904, pour faire une création dans Armide de Gluck aux Arènes de Béziers. A sa sortie du Conservatoire, elle se signa pas son engagement à l’Opéra car elle était sollicitée de toute part ; dès lors, elle ne connut qu’ovations enthousiastes dans tous les concerts où elle se fit entendre pendant la saison 1905-1906, notamment à Angoulême, La Rochelle, Rouen, Le Havre, Cahors, Lille, Arras, Berlin, Francfort, Le Mans. En mai, juin et juillet 1906, Mlle Louise Mancini fut l’étoile acclamée d’une Tournée lyrique entreprise par l’impresario Jacques Formo pour faire connaître dans les principales villes de France, Chatterton, l’œuvre émouvante de Leoncavallo ; dans le rôle de Jenny Clark, Mlle Louise Mancini exprima en des notes d’une pureté et d’un éclat hors pair, la passion et la volupté, le désespoir et la souffrance. Son succès fut éclatant pendant trois mois, et toute la Presse départementale fut unanime à le constater, notamment à Rouen, Reims, Dijon, Besançon, Lyon, Marseille, Bordeaux, etc. De retour à Paris, Mlle Louise Mancini signa avec M. Gailhard, son engagement à l’Opéra où elle a débuté avec une réussite complète dans le rôle de Mathilde de Guillaume Tell. Elle y a joué depuis la Walkyrie, Armide, Ariane, Tannhäuser, Faust, etc. Mlle Louise Mancini a été réengagée par la nouvelle direction de l’Opéra. Cette année, Mlle Mancini part pour deux mois à Monte-Carlo, où elle doit chanter la Walkyrie, Roméo, Méphistophélès, la Tosca, etc. (Annuaire des Artistes, 1909)
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Louise Mancini dans Tannhäuser (Vénus) à l'Opéra en 1907
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Mlle Mancini, soprano dramatique, après avoir remporté au Conservatoire les premiers prix de chant et d'opéra, débuta au Théâtre de Rouen, où elle chanta Tannhäuser, Lohengrin, etc. Après une tournée de plusieurs mois, elle fut à son retour engagée à l'Opéra. Puis, sans abandonner ce théâtre, elle donna, tant en France qu'à l'étranger, une longue série de représentations. Nous citerons : Thaïs, Sigurd, Hérodiade, les Huguenots. Parmi ses créations, il est bon de mentionner celle de Salomé, de Mariotte (Le Havre, 1911) et la Danse des sept voiles. A chanté à Vichy, Enghien et vient de faire une saison au Théâtre de Nantes, où elle interpréta tout le répertoire. A été réengagée dans cette ville pour l'hiver 1913-1914. (Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
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Louise Mancini en 1914 [photo Manuel]