Théophile GAUTIER

Théophile Gautier (photo Nadar) [BNF]
Pierre Jules Théophile GAUTIER dit Théophile GAUTIER
écrivain et poète français
(Tarbes, Hautes-Pyrénées, 30 août 1811* – Neuilly-sur-Seine, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 23 octobre 1872*)
Fils de Jean Pierre GAUTIER (Avignon, Vaucluse, 30 mars 1778 – 22 août 1854), employé aux contributions directes [fils de Jean Antoine GAUTIER (Avançon, Hautes-Alpes, 04 septembre 1748 – Valserres, Hautes-Alpes, 15 octobre 1831), ouvrier en soie], et d'Adélaïde Antoinette COCARD (Maupertuis, Seine-et-Marne, 13 septembre 1783 – Paris, 26 mars 1848), mariés à Artagnan, Hautes-Pyrénées, le 05 décembre 1810.
De sa liaison avec Eugénie FORT (Paris, 06 juin 1812 – Paris, 1881), est né Théophile Charles GAUTIER (Paris, 29 novembre 1836 – Paris 8e, 16 juin 1904), homme de lettres [épouse à Paris 16e le 24 février 1870 Marie Élise PORTAL].
De sa liaison avec Ernesta Giuseppina Jacomina dite Ernestine GRISI (Visinada, Istrie, 25 octobre 1816 – Paris 16e, 09 décembre 1895*), cantatrice italienne [sœur de Carlotta GRISI, danseuse], sont nées Judith GAUTIER (1845–1917), écrivain [épouse de Catulle MENDÈS, écrivain] ; et Estelle Julia GAUTIER (1847–1914) [épouse d'Emile BERGERAT, écrivain].
S'étant rendu de très bonne heure à Paris, il s'essaya d'abord dans la peinture, puis il aborda la poésie et cisela artistement quelques vers à l'imitation des poètes de la Pléiade, qu'un livre récent de Sainte-Beuve avait remis en honneur. Présenté à Victor Hugo, il devint l'apôtre enthousiaste du romantisme. Dès lors, il occupa une place importante dans le mouvement littéraire des quarante années qui suivirent. Il collabora à une foule de revues et de journaux ; il publia un grand nombre de livres : tour à tour poète, romancier, auteur dramatique, archéologue, critique littéraire et critique d'art. Bien que certaines intempérances se fussent calmées en lui, Théophile Gautier demeura toujours jeune, ardent, enthousiaste, épris d'art et de beauté. Il mena jusqu'à la fin une existence brillante et un peu factice : ses costumes, ses attitudes, ses douze chats favoris, le musée exotique au milieu duquel il vivait, enfin tout le mystère d'art dont il aimait à s'entourer contribuèrent à faire de Théophile Gautier une des physionomies les plus originales du temps. Il survécut peu à la chute du régime impérial, auquel il s'était rallié. Le 30 juillet 1858, il avait été nommé officier de la Légion d'honneur. De ses deux filles, l'une, connue dans les lettres sous le nom de Judith Gautier, épousa le poète Catulle Mendès, l'autre Emile Bergerat.
L'œuvre de Théophile Gautier, immense et dispersée, ne saurait être énumérée ici ; on a calculé qu'elle remplirait environ 300 volumes. Citons seulement les livres les plus marquants. En poésie : Albertus (1833) ; la Comédie de la mort (1838) [son poème le Spectre de la rose inspirera Jean-Louis Vaudoyer pour le ballet du même nom en 1911] ; España (1845) ; Emaux et camées (1852), véritables bijoux littéraires d'une fantaisie raffinée et d'une ciselure de style achevée. — Dans le roman : les Jeune-France (1833), où l'auteur raille spirituellement les juvéniles ardeurs de son romantisme ; Mlle de Maupin (1835), dont la préface fit sensation ; Fortunio (1838) ; des nouvelles (le Tricorne enchanté), des contes (entre autres le Roi Candaule et Arria Marcella) ; le Roman de la momie (1858), et cette admirable reprise du Roman comique de Scarron, si gaie, si pittoresque, si truculente, qui est le Capitaine Fracasse (1863) [Catulle Mendès en tirera un livret d'opéra-comique en 1878]. — Dans la critique littéraire : les Grotesques (1833), ingénieux essai de réhabilitation des Saint-Amant et des Scarron ; le Rapport sur la poésie en France en 1868 ; l'Histoire du romantisme (1874) ; l'Histoire de l'art dramatique depuis vingt-cinq ans (1858) ; recueil de feuilletons, diverses Notices, notamment sur Balzac et sur Baudelaire. — Dans la critique d'art, un grand nombre de Salons. — Des Voyages en Espagne, en Russie, en Italie, à Constantinople. — Diverses petites comédies en vers, des drames en collaboration, des livrets de ballet, etc.
Théophile Gautier, bien qu'il se soit ainsi dispersé, a laissé quelques œuvres remarquables. Sans doute, il a exprimé peu d'idées et peu de sentiments ; mais il fut un admirable artiste en style et posséda une science consommée de la langue française ; fervent adorateur de la forme, il trouva des couleurs et des harmonies nouvelles ; il rajeunit et enrichit le pittoresque descriptif ; il fut, en somme, comme l'a dit son ami Baudelaire, « poète impeccable, parfait magicien ès lettres françaises ».
En 1857, il habitait 32 rue de Longchamp à Neuilly-sur-Seine, où il est décédé en 1872, à soixante et un ans, célibataire.
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livrets
Giselle ou les Willis, ballet en 2 actes, avec Henri Vernoy de Saint-Georges et Jean Coralli, musique d'Adolphe Adam (Opéra, 28 juin 1841) la Péri, ballet en 2 actes, musique de Friedrich Burgmüller (Opéra, 17 juillet 1843) le Selam, ode-symphonie en 4 actes, musique d'Ernest Reyer (Théâtre-Italien, 17 mars 1850) Pâquerette, ballet en 3 actes, musique de Benoist (Opéra, 15 janvier 1851) Maître Wolfram, opéra-comique en 1 acte, avec Joseph Méry et Paul Bocage, musique d'Ernest Reyer (Théâtre-Lyrique, 20 mai 1854 ; Opéra-Comique, 05 décembre 1873) Gemma, ballet en 2 actes, musique du comte Gabrielli (Opéra, 31 mai 1854) Sacountala, ballet en 2 actes, musique d'Ernest Reyer (Opéra, 14 juillet 1858) |

Théophile Gautier [photo Bertall]

tombe de Théophile Gautier au cimetière de Montmartre [photos ALF, 2022]
