Caroline FIERENS

Caroline Fierens dans Lohengrin (Ortrude) lors de la première à l'Opéra en 1891 [photo Nadar] (BNF)
Caroline Léopoldine FIERENS dite Caroline FIERENS
soprano belge
(95 rue de Louvain, Bruxelles, Belgique, 10 janvier 1866* – Paris 2e, 22 décembre 1913*)
Fille de Joseph Georges FIERENS (Anvers, Belgique, 18 mars 1840 – Bruxelles, 24 juin 1887), artiste musicien puis crieur juré, et d’Anne DEMESMAECKER (Bruxelles, 07 avril 1840 – av. 1913), blanchisseuse de dentelles, mariés à Bruxelles le 14 juillet 1860.
Sœur d’Hippolyte Georges Joseph FIERENS (Bruxelles, 13 août 1870* – Liège, Belgique, 16 décembre 1926), basse et professeur d’université [époux de Jacqueline Marie Pauline GEVAERT (Paris 9e, 06 mai 1866 – Bruxelles, 22 décembre 1937), fille du compositeur François-Auguste GEVAERT].
Epouse v. 1888 Edmond Jean François PEETERS dit Edmond PEETERS-FIERENS (Bruxelles, 13 octobre 1858* – Colombes, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 26 avril 1909*), baryton [voir ci-dessous].
Parents d’Alice Anna Rose PEETERS (Bruxelles, 07 juin 1889* – Paris 9e, 06 octobre 1949*) [épouse à Colombes le 07 juin 1910* Édouard Clément STEVENS (Anvers, 17 novembre 1885 – av. 1949), artiste musicien].
Au Théâtre municipal de Lille, elle créa le 03 décembre 1887 Zaïre (Zaïre) de Charles Lefebvre. A la Monnaie de Bruxelles, durant la saison 1889-1890, elle chanta le Vaisseau fantôme (Senta), et son mari chanta Salammbô (Giscon). Au Théâtre royal d’Anvers, elle chanta dans la Juive le 06 décembre 1889, et à Lyon, elle participa à la première d’Esclarmonde (Esclarmonde) le 20 février 1890. Elle débuta au Palais Garnier le 06 juin 1890. Elle chanta au Grand Théâtre de Bordeaux (saisons 1895-1896 ; 1896-1897 ; 1899-1900 ; 1901-1902), au Grand-Théâtre de Lyon (1898 ; 1907), au Théâtre des Arts à Rouen (saisons 1902-1903 ; 1908-1909), au Théâtre royal d’Anvers (Morgane le 07 février 1905 et Le Tasse le 22 mars 1906). Aux Arènes de Béziers, elle créa Prométhée (Bia) de Gabriel Fauré le 26 août 1900. Au Théâtre de la Gaîté, elle a chanté une reprise d’Hérodiade (Hérodiade) le 30 septembre 1911 [100e le 01 octobre 1912], ainsi que la première de l’Aigle (Marion) de Jean Nouguès le 18 novembre 1912, et la création de Carmosine (Dame Pâque) d’Henry Février le 24 février 1913. D’abord soprano dramatique, elle évolua ensuite vers les rôles de contraltos. Elle fut également affichée sous le nom de Mme Fierens-Peeters.
En 1896, elle habitait 18 rue Baudin [auj. rue Pierre-Semard] à Paris 9e ; en 1899, 41 rue de la Voie-des-Bancs à Argenteuil ; en 1906, 11 bis rue Labouret à Colombes ; en 1909, 7 rue Beauséjour à Colombes. Elle est décédée en 1913 à quarante-sept ans, en son domicile, 12 rue du Caire à Paris 2e.
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Sa carrière à l'Opéra de Paris
Elle y débuta le 06 juin 1890 dans la Juive (Rachel).
Elle y chanta les Huguenots (Valentine, 30 juin 1890) ; Aïda (Aïda, 23 juillet 1890) ; l'Africaine (Sélika, 15 août 1890) ; Robert le Diable (Alice, 02 septembre 1892).
Elle y créa le 16 mars 1891 le Mage (Varedha) de Jules Massenet.
Elle y participa à la première le 16 septembre 1891 de Lohengrin (Ortrude) de Richard Wagner [version française de Charles Nuitter] ; le 17 juin 1892 de la Vie du Poète (le Poète au 1er acte ; la Fille ; une Voix au 2e acte) de Gustave Charpentier. |
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Edmond PEETERS-FIERENS
Sa carrière à l'Opéra-Comique (sous le nom de FIERENS)
Il y débuta le 10 septembre 1891 dans Carmen (Zuniga ; 500e le 21 octobre 1891).
Il y chanta Manon (un Garde, 12 octobre 1891 ; 100e le 07 novembre 1891) ; les Noces de Figaro (Bartholo, 28 mars 1892).
Il y participa à la première le 09 mai 1892 d’Enguerrande (l’Archevêque) d’Auguste Chapuis. |

Caroline Fierens dans le Trouvère [photo Benette-Morre, New Orleans]
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Opéra de Paris, 6 juin 1890. La Juive, pour les débuts de Mme Fierens. Mme Caroline Fierens est cette jeune chanteuse de tempérament qui, le 3 décembre 1887, créait à Lille, le principal rôle de la très remarquable Zaïre de M. Charles Lefebvre. Mme Fierens est la femme d'un baryton qui, le même soir, et dans le même ouvrage, remplissait le rôle d'Orosmane : ménage artistique, comme vous voyez. L'excellent régisseur général de l'Opéra, M. Lapissida, nous contait qu'autrefois, à la Monnaie, il avait reçu des mains de M. Gevaert la jeune lauréate du Conservatoire de Bruxelles, et l'avait déjà préparée à débuter dans Rachel. La direction changea et Mme Fierens fut engagée à Lille. De Lille, elle alla à Marseille, où elle remplit avec succès l’emploi des Falcon, comme elle le remplissait naguère à Bruxelles, d'où elle arrive directement nous aujourd'hui. Cette belle Flamande est douée d'un organe généreux qui ne demande qu'à être assoupli par le travail pour devenir une de nos meilleures voix d'opéra. Telle qu'elle est, avec sa rondeur et son joli timbre, elle remplit la salle – c'est déjà beaucoup – et de par sa chaleur et sa vaillance, la jeune artiste a enlevé le succès dès le finale du premier acte. (Edouard Noël et Edmond Stoullig, les Annales du théâtre et de la musique 1890, 1891)
Mme Fierens, dont l'opulente beauté se développe à l'aise sous le costume d'Ortrude, a chanté ce rôle de façon à satisfaire les plus exigeants, et sa belle voix y a fait merveille. (Arthur Pougin, Revue encyclopédique, 1892)
Fit ses études au Conservatoire de Bruxelles et y remporta le 1er prix à dix-huit ans. Elle débuta à Lille, en 1887, et s'y distingua dans le répertoire de grand-opéra, elle y créa Zaïre, de Ch. Lefèvre et Etienne Marcel, de Saint-Saëns. Après une saison à Marseille et une autre à la Monnaie de Bruxelles, elle débuta à l'Opéra en juin 1890. Mme Fierens a créé avec une grande autorité le Mage, de Massenet, et dans le rôle d'Ortrude de Lohengrin, elle a confirmé les espérances de ceux qui ont vu en elle, dès son début, l'une des étoiles de notre Académie de musique. (Annuaire des Artistes, 1893)
Dès sa jeunesse elle manifesta les plus grandes dispositions pour la musique, chantant déjà d’une voix sonore et pleine, naturellement souple et d’une émission facile. Artiste lui-même, son père n’eût garde d’entraver ses dispositions. Elle entra donc au Conservatoire de Bruxelles où elle obtint le premier prix de chant. C’est à Lille qu’elle débute avec un énorme succès dans le rôle de Rachel de la Juive, puis elle créa Etienne Marcel où elle montra tout de suite de rares qualités dramatiques, puis ce fut Zaïre. Dans ce dernier ouvrage chantait aussi M. Peeters, baryton de valeur, qu’elle épousa peu après. Après avoir chanté au Havre avec son mari, Mme Fierens s’instaura de suite étoile de première grandeur à Marseille où elle chanta tous les grands rôles du répertoire, s’incarnant surtout dans les Huguenots et Sigurd. Engagée à Bruxelles, Mme Fierens-Peeters fit une triomphale rentrée dans sa ville natale dans le rôle de Senta du Vaisseau fantôme. Elle apporte dans l’interprétation des œuvres du grand répertoire telles que la Juive, Robert le Diable, l’Africaine, un art profond secondé par une voix ample et généreuse. Elle débuta ensuite à l’Opéra où elle crée avec grand succès Ortrude de Lohengrin et Varedha du Mage. Mme Fierens passe ensuite trois années à Lyon ajoutant à son répertoire la Walkyrie, la Reine de Saba, le Cid, puis à Madrid où l’accueil qui lui est fait est des plus chauds. Partout où Mme Fierens a chanté elle a conquis les suffrages des dilettanti les plus difficiles, partout elle a vu le succès lui sourire. Il lui sourira encore à La Nouvelle-Orléans où elle remplit un brillant engagement. (Annuaire des Artistes, 1899)
Mme Fiérens est née à Bruxelles, où elle remporta, au conservatoire de cette ville, tous les premiers prix : chant, opéra, opéra-comique. Elle débuta à Lille dans Étienne Marcel, de Saint-Saëns, chanta ensuite à Marseille, à la Monnaie, où elle créa Senta du Vaisseau Fantôme et où elle interpréta tout le répertoire. Engagée à l'Opéra, elle y resta cinq années et y créa le Mage, de Massenet, Ortrude (Lohengrin). Mme Fiérens fit de multiples représentations et créations en France et à l'étranger ; elle resta sept années à Lyon, fit trois saisons en Amérique. Ses dernières créations sont : Miarka, à Aix-les-Bains (La Vougne), l'Aigle et la Carmosine, à la Gaîté-Lyrique. Fit la reprise à ce même théâtre de l'Attaque du moulin. (Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
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