Hector DUFRANNE

Hector Dufranne dans le Chemineau (le Chemineau) lors de la création à l'Opéra-Comique en 1907 [photo H. Manuel]
Hector Robert DUFRANNE dit Hector DUFRANNE
baryton belge naturalisé français le 24 mai 1935
(Mons, Hainaut, Belgique, 25 octobre 1870* – Paris 7e, 03 mai 1951*)
Fils d’Augustin Désiré DUFRANNE (Jemappes [auj. dans Mons], Hainaut, Belgique, 21 novembre 1830* – Jemappes, 25 août 1900*), charbonnier puis boulanger, et de Marie Joseph WATERLOT (Jemappes, 26 novembre 1831* – Jemappes, 17 mai 1889*), boulangère.
Epouse le 08 juin 1899 Clémentine Marie dite Clémentine Adèle NEELS (Schaerbeek, Belgique, 05 février 1877* – Noisy-le-Grand, Seine-Saint-Denis, décembre 1962), artiste lyrique belge naturalisée française le 24 mai 1935.
Parents de Suzanne Marie Hélène DUFRANNE (Chatou, Seine-et-Oise [auj. Yvelines], 27 mars 1901* – Saint-Cloud, Hauts-de-Seine, 27 février 1998) ; de Robert Henri Augustin DUFRANNE (Chatou, 15 mai 1905* – Villejuif, Val-de-Marne, 20 février 1963) ; de Jacqueline Marthe Clémentine DUFRANNE (Chatou, 09 janvier 1915* – Paris 15e, 16 mars 2011), actrice [épouse à Paris 7e le 12 août 1943* Robert Albert LE BÉALLE dit Robert LE BÉAL (Paris 15e, 02 mars 1915* – Paris 20e, 08 mai 1996), artiste dramatique].
Il étudia le chant au Conservatoire de Bruxelles. Il débuta à la Monnaie le 09 septembre 1896 dans Faust (Valentin). En 1897, il chantait également au Covent Garden. Le 18 juin 1900 il entra à l'Opéra-Comique. Ce fut un des plus beaux barytons de la salle Favart où il marqua de sa personnalité plusieurs créations importantes : Pelléas et Mélisande (Golaud), la Tosca (Scarpia), Fortunio (Clavaroche), le Chemineau (le Chemineau), les Tréteaux de maître Pierre (Don Quichotte). En 1908 et 1910 il chante au Manhattan Opera de New York, en 1909 on le trouve à l'Opéra de Paris, en 1910 et 1912 à l'Opéra de Philadelphie et à celui de Chicago, jusqu'en 1914 au Teatro Colon de Buenos Aires. Il est également le créateur de Thérèse (Armand Thorel) de Massenet (Monte-Carlo, 07 février 1907) ; de l'Amour des trois oranges (Tchélio) de Prokofiev (Opéra de Chicago, 30 décembre 1921) ; des Burgraves (le Mendiant) de Léo Sachs (Théâtre des Champs-Elysées, 18 juin 1924). Il se retira de la scène en 1932.
En 1901, il habitait 15 rue Camille-Périer à Chatou ; en 1914, 18 avenue Maurice-Berteaux à Chatou ; en 1942, 2 rue Léon-Vaudoyer à Paris 7e, où il est décédé en 1951 à quatre-vingts ans. Il est enterré au cimetière parisien de Saint-Ouen (18e division).

bottin mondain de 1942
|
Sa carrière à l'Opéra-Comique
Il y débuta le 18 juin 1900 en participant à la première d’Iphigénie en Tauride (Thoas) de Gluck.
Il y créa le 16 décembre 1902 la Carmélite (l'Évêque) de Reynaldo Hahn ; le 29 avril 1901 l’Ouragan (Gervais) d’Alfred Bruneau ; le 20 novembre 1901 Grisélidis (le Marquis de Saluces) de Jules Massenet ; le 30 avril 1902 Pelléas et Mélisande (Golaud) de Claude Debussy ; le 16 mars 1904 la Fille de Roland (le Comte Amaury) d’Henri Rabaud ; le 03 mars 1905 l’Enfant roi (François) d’Alfred Bruneau ; le 06 juin 1906 le Clos (Pierre) de Charles Silver ; le 09 novembre 1906 les Armaillis (Kœbi) de Gustave Doret ; le 17 avril 1907 Circé (Ulysse) de Paul et Lucien Hillemacher ; le 05 juin 1907 Fortunio (Clavaroche) d'André Messager ; le 06 novembre 1907 le Chemineau (le Chemineau) de Xavier Leroux.
Il y participa aux premières le 13 octobre 1903 de la Tosca (Scarpia) de Giacomo Puccini [version française de Paul Ferrier] ; le 12 avril 1906 de la version scénique de Marie-Magdeleine (Judas) de Jules Massenet ; le 20 décembre 1926 du Cloître (le Prieur) de Michel-Maurice Lévy ; le 12 mars 1928 des Tréteaux de Maître Pierre (Don Quichotte) de Manuel de Falla [version français d’Aubry].
Il y chanta Alceste (le Grand Prêtre d’Apollon, 30 mai 1904) ; Carmen (Escamillo, 1000e le 23 décembre 1904) ; Cavalleria rusticana (Alfio) ; Fidelio (Don Pizzaro, 25 janvier 1906) ; Iphigénie en Tauride (Oreste) ; le Jongleur de Notre-Dame (le Prieur, 10 avril 1915) ; Lakmé (Nilakantha, 13 septembre 1903) ; Louise (le Père, 100e le 22 février 1901) ; Mireille (Ourrias, 13 mars 1901) ; la Navarraise (Garrido) ; Philémon et Baucis (Jupiter) ; le Roi d'Ys (Karnac, 16 janvier 1904) ; Thérèse (André Thorel, 06 février 1930) [qu'il avait créé à Monte-Carlo] ; le Vaisseau fantôme (le Hollandais, 08 février 1905). |
Sa carrière à l'Opéra de Paris
Il y participa le 11 novembre 1900, au cours d'un Gala, à la première de Carmen (Escamillo) de Georges Bizet [2e acte seul].
Il y débuta le 28 mai 1909 dans Monna Vanna (Guido Colonna).
Il y participa à la première le 06 mai 1910 de Salomé (Iokanaan) de Richard Strauss [version française de Marliave et Gailhard].
Il y chanta Roméo et Juliette (Capulet, 04 juin 1909) ; Tristan et Isolde (Kurwenal, 02 juillet 1909) ; Tannhäuser (Wolfram, 16 juillet 1909) ; Thaïs (Athanaël, 30 août 1911).
|

Hector Dufranne en 1904

Hector Dufranne en 1907

Hector Dufranne dans Carmen (Escamillo), à g. en 1905 ; à dr. en 1907 [photo Paul Berger]
|
Hector Dufranne est un des plus sympathiques et un des plus remarquables artistes de la pléiade belge qui tient un si haut rang dans nos théâtres lyriques : comme Noté, Bosman, Marcy, Héglon, Flahaut, Maréchal, Claire Friché, Delvoye, Annette Gillard…, Hector Dufranne est Belge ; il est né à Mons. Il fit ses premières études dans sa ville natale avec M. Tondeur, le réputé baryton ; puis il les compléta au Conservatoire de Bruxelles avec l'excellent professeur Demest. Dès lors, il chanta dans les « Grands Concerts » dirigés par l'illustre maître Gevaert, notamment : l'Or du Rhin, la Passion de Bach, Neuvième symphonie de Beethoven, Iphigénie en Aulide de Gluck. En 1896, il débuta dans Valentin de Faust au théâtre de la Monnaie, où il créa Albéric de l'Or du Rhin, Gaspard dans Messidor de Bruneau, la Princesse d'Auberge de Jean Blockx, etc. ; puis il fit deux « season » au théâtre de Covent Garden à Londres. Engagé en 1900 au théâtre de l’Opéra‑Comique, où il occupe aujourd'hui, sans conteste, la première place comme baryton et comme comédien ; il débuta, le 18 juin, dans le rôle de Thoas d'Iphigénie en Tauride aux côtés de Mme Rose Caron ; puis, il chanta Louise, Carmen, Mireille, Lakmé, etc. Il a créé au même théâtre Gervais dans l'Ouragan de Bruneau, le Marquis de Grisélidis de Massenet, Golaud dans Pelléas et Mélisande de Debussy, l'évêque de la Carmélite de Reynaldo Hahn, le baron Scarpia dans la Tosca de Puccini, le comte Amaury dans la Fille de Roland de Rabaud, le grand prêtre dans Alceste, et l'Enfant roi de Bruneau, ou il a remporté un vrai triomphe : sa voix puissante, chaude, bien timbrée et son jeu si adroit, si juste, si intelligent ont fait merveille et le bel artiste a été très justement acclamé. Hector Dufranne a fait l’inauguration du grand Casino de Wimereux où il a chanté en grand artiste : Hamlet, Rigoletto, Faust, les Pêcheurs de perles, etc. ; et a donné, cet été, une série de représentations au Grand Cercle d’Aix-les-Bains, créant notamment le Prieur du Jongleur de Notre-Dame. L’excellent pensionnaire de l’Opéra-Comique a été nommé officier d’Académie le 1er mars 1902. (Annuaire des artistes, 1905) Hector Dufranne a fait cet été (1905) l'inauguration solennelle, devant toutes les autorités, du nouveau grand théâtre d'Ostende en chantant Lakmé et les chants patriotiques belges, a chanté Escamillo pour le Shah de Perse, le 14 août, et a créé le rôle de Simon de Montfort, dans les Hérétiques, de Ch. Levadé aux arènes de Béziers, les 27 et 29 août (1905). (Annuaire des artistes, 1906)
|

Hector Dufranne en 1928

Hector Dufranne dans Pelléas et Mélisande (Golaud) lors de la création en 1902 [photo Boyer]

de g. à dr. Hector Dufranne (Golaud) et Félix Vieuille (Arkel) dans Pelléas et Mélisande lors de la création en 1902 [photo Boyer]
|
Lettre de Claude Debussy à Hector Dufranne 26 octobre 1906 Mon cher Dufranne, je voudrais que vous m'excusiez de la nervosité que j'apporte dans les répétitions de Pelléas [pour la reprise du 23 décembre 1906 à l’Opéra-Comique], qui me fait aller plus loin que je ne le voudrais dans ma façon de parler... Vous et Vieuille êtes presque les seuls qui aient conservé la compréhension de l'art que j'ai essayé de faire dans Pelléas ; c'est pourquoi je vous demande de continuer à défendre cette œuvre que d'autres ne me semblent plus autant aimer. Dans le cinquième acte, il me semble que les mouvements sont un peu languissants ? Puis, je vous en prie, exagérez plutôt la triste et poignante tristesse de Golaud, ...donnez bien l'impression de tout ce qu'il regrette de n'avoir pas dit, de n'avoir pas fait.. et tout le bonheur qui lui échappe à jamais (...). C.D.
|


Hector Dufranne en 1914 [photo Paul Berger]
|
M. Hector Dufranne débuta à la Monnaie, le 9 septembre 1896, dans Faust ; il fit trois saisons consécutives à ce théâtre et deux d'été au Covent Garden, chantant Samson et Dalila, Escamillo de Carmen, Lakmé, Fervaal, à Bruxelles, Hamlet, Henry VIII, l'Or du Rhin, les Noces de Figaro, etc. à Londres. M. Dufranne débuta à l'Opéra-Comique, le 18 juin 1900, dans Thaos d'Iphigénie en Tauride ; en dehors du répertoire, il y créa l'Ouragan (Gervais), Grisélidis (le marquis de Saluces), Pelléas et Mélisande (Golaud), la Carmélite, la Fille de Roland, l'Enfant roi, les Hérétiques, le Clos, les Armaillis, Circé, Fortunio, le Chemineau, etc., Naïs Micoulin, Thérèse (ces deux derniers à Monte-Carlo). Entre temps il se fit entendre sur les principales scènes de France. Depuis 1908, M. Dufranne part chaque année en Amérique, où il incarne tous les grands rôles du répertoire : Salomé, Princesse d'auberge, Sapho, Aïda en italien, Natania en anglais, Lohengrin en allemand, Quo Vadis ?, etc., ceci en saison d'hiver ; de même chaque été, depuis cette époque, on le retrouve à l'Opéra. (Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
|
|
"Ne bronchez pas" extrait de l'acte I de Manon de Massenet Hector Dufranne (Lescaut) et Orchestre Disque Pour Gramophone G. C.-3-32766, mat. 5329h, enr. à Paris en nov./déc. 1907
|
"A quoi bon l'économie" extrait de l'acte III de Manon de Massenet Hector Dufranne (Lescaut) et Orchestre Disque Pour Gramophone G. C.-3-32767, mat. 5330h, enr. à Paris en nov./déc. 1907
|
"Pardon... mais j'étais là" extrait de l'acte III de Manon de Massenet Aline Vallandri (Manon), Hector Dufranne (le Comte) et Orchestre Disque Pour Gramophone 034021, mat. 600i, enr. à Paris en 1908
|
(par. Victor Hugo / mus. Jean-Baptiste Faure) Léon Beyle, Hector Dufranne, Chœurs et Orchestre Disque Pour Gramophone G.C. 34191, mat. 5120h, enr. à Paris en 1907
|
|
Chanson de Gritzendo "Des forêts lointaines" extrait de l'acte I de l'Etoile du Nord de Meyerbeer Hector Dufranne (Gritzendo), Choeurs et Orchestre Disque Pour Gramophone G.C.-3-32688, mat. 6569o, enr. à Paris en 1907
|
Couplets "Aussi nombreux que les étoiles" extrait de l'acte III du Prophète de Meyerbeer Hector Dufranne (Zacharie), Choeurs et Orchestre Disque Pour Gramophone G.C.-3-32690, mat. 6610o, enr. à Paris en 1907
|
Stances "Lakmé, ton doux regard se voile" extrait de l'acte II de Lakmé de Delibes Hector Dufranne (Nilakantha) et Orchestre Disque Pour Gramophone 3-32815, mat. 5827h, enr. à Paris en 1908
|
Stances "Lakmé, ton doux regard se voile" extrait de l'acte II de Lakmé de Delibes Hector Dufranne (Nilakantha) et Orchestre Columbia A 5444, mat. 36494-1, enr. à New York le 22 novembre 1912
|
Chanson "Scintille, diamant" extrait de l'acte III des Contes d'Hoffmann d'Offenbach Hector Dufranne (Dappertutto) et Orchestre Columbia A 5444, mat. 36496-1, enr. à New York le 22 novembre 1912
|
|
Une forêt (1) scène 1 de l'acte I de Pelléas et Mélisande de Debussy Hector Dufranne (Golaud, créateur), Marthe Nespoulous (Mélisande) et Orchestre dir Georges Truc Columbia D 15021, mat. LX 187-1, enr. à Paris en 1927
|
Une forêt (2) scène 1 de l'acte I de Pelléas et Mélisande de Debussy Hector Dufranne (Golaud, créateur), Marthe Nespoulous (Mélisande) et Orchestre dir Georges Truc Columbia D 15021, mat. LX 188-2, enr. à Paris en 1927
|
Un appartement dans le château (1) scène 2 de l'acte II de Pelléas et Mélisande de Debussy Hector Dufranne (Golaud, créateur), Marthe Nespoulous (Mélisande) et Orchestre dir Georges Truc Columbia D 15023, mat. LX 193-2, enr. à Paris en 1927
|
Un appartement dans le château (2) scène 2 de l'acte II de Pelléas et Mélisande de Debussy Hector Dufranne (Golaud, créateur), Marthe Nespoulous (Mélisande) et Orchestre dir Georges Truc Columbia D 15023, mat. LX 194-1, enr. à Paris en 1927
|
Une des tours du château scène 1 de l'acte III de Pelléas et Mélisande de Debussy Hector Dufranne (Golaud, créateur), Marthe Nespoulous (Mélisande), Alfred Maguenat (Pelléas) et Orchestre dir Georges Truc Columbia D 15027, mat. LX 223-2, enr. à Paris en 1927
|
|
"Maintenant pas de temps à perdre" scènes 6 et 7 de l'Heure espagnole de Ravel Mme Jeanne Krieger, MM. Hector Dufranne, Louis Arnoult et Orchestre dir Georges Truc Columbia D 15151, mat. LX 899-1, enr. à Paris le 03 décembre 1929
|
"Voilà, et maintenant, à l'autre" scènes 8 et 9 de l'Heure espagnole de Ravel Mme Jeanne Krieger, MM. Hector Dufranne, Jean Aubert et Orchestre dir Georges Truc Columbia D 15151, mat. LX 914-1, enr. à Paris le 03 décembre 1929
|
"Mon oeil anxieux interroge" scène 19 de l'Heure espagnole de Ravel MM. Hector Dufranne, Louis Arnoult et Orchestre dir Georges Truc Columbia D 15154, mat. LX 898-1, enr. à Paris le 03 décembre 1929
|
"Il n'est pas pour l'horloger de joie égale" scène 19 de l'Heure espagnole de Ravel Mme Jeanne Krieger, MM. Hector Dufranne, Jean Aubert, Louis Arnoult, Raoul Gilles et Orchestre dir Georges Truc Columbia D 15155, mat. LX 900-2, enr. à Paris le 03 décembre 1929
|
Quintette "Un financier et un poète" scène 23 de l'Heure espagnole de Ravel Mme Jeanne Krieger, MM. Hector Dufranne, Jean Aubert, Louis Arnoult, Raoul Gilles et Orchestre dir Georges Truc Columbia D 15155, mat. LX 907-2, enr. à Paris le 03 décembre 1929
|

tombe d'Hector Dufranne au cimetière parisien de Saint-Ouen, où sont enterrés également sa femme et ses enfants Robert et Jacqueline
