Jean DEZAIR

 

Jean Dezair en 1914 [photo Manuel]

 

 

Jean-Baptiste DESHAIRE dit Jean DEZAIR

 

baryton français

(4 rue du Commerce, Lyon 1er, Rhône, 26 décembre 1873* – Toulouse, Haute-Garonne, 30 juin 1918)

 

Fils de Jean-François DESHAIRE (La Guillotière [auj. dans Lyon], Rhône, 12 mars 1842* – 1906), employé au mont de piété de Lyon, et de Fanchette DELAFOND (Chavanoz, Isère, 31 août 1841 – av. 1892), enjoliveuse puis cannetilleuse, mariés à Lyon 1er le 20 janvier 1870*.

 

 

En 1893, il était légiste. Au Théâtre royal d’Anvers, il a chanté les premières de Madame Butterfly (08 novembre 1910), de Chiquito (26 janvier 1911), et de la Glu (09 novembre 1911). Au Théâtre de la Gaîté, il a chanté une reprise de Rip (Rip) le 01 octobre 1913.

En 1914, il habitait 16 rue de la Fonderie à Toulouse. Il est décédé en 1918 à quarante-quatre ans.

 

 

 

 

D'une famille occupant une très grande situation administrative qui s'opposait à ce que leur fils embrassât la carrière lyrique, malgré les admirables dispositions du jeune homme, appréciées par le regretté Luigini et Salomon de l'Opéra. On lui réservait dans le commerce une situation pour laquelle il ne se sentait aucune aptitude. Il entra au Conservatoire de Lyon, n° 1, pour en sortir en 1898 avec le premier prix de chant, d'opéra, ainsi que celui du ministère des Beaux-Arts (classe de Dauphin).

A Paris, quelques années plus tard, nous le retrouvons sur la « Butte » où sous le nom de « Marcel » il chante aux « Quat’z’arts », à la « Roulotte ». Il fréquente la « Lice chansonnière », présidée par le célèbre poète chansonnier Ernest Chebroux, et dans ce genre tout spécial, se fait particulièrement apprécier.

Bien en voix, nourri des leçons de l'expérience qu'il a su mettre à profit, grâce à ses qualités primesautières d'observation, le jeune chanteur entre résolument dans l'arène où il va pouvoir, aidé par sa persévérante énergie, donner libre cours à toute l'ampleur de ses ressources vocales. Sans plus tarder, il aborde le volumineux répertoire d’opéra-comique et d'opérette, dans l'exécution duquel, sans aucune hésitation, il déploiera une nervosité magistrale de comédien spontané et de chanteur étincelant. Ses premiers débuts sont des coups de maître et Tunis a l'avantage d'en favoriser tout l'éclat.

Athènes, Nîmes, La Rochelle (Pâques), Toulouse, Bruxelles, Angers, Le Mans et Marseille ont eu l'avantage de posséder cet artiste qui a laissé dans chacune de ces villes un renom indéniable.

Nul n'est prophète en son pays, dit un bon vieux proverbe. Pour une fois, Dezair le fera mentir, car à Lyon, sa ville natale — rappelons-le en passant — il interprète avec tant d'assurance et d'envergure le rôle séduisant du marquis des Cloches de Corneville, que ses directeurs Landouzy et P. Flon enchantés de l’effet produit par le jeune pensionnaire, l'engagent, sans retard, pour un certain nombre de représentations successives de cet ouvrage.

Depuis un mois qu’il est au Mans il a justifié amplement ses antécédents flatteurs et nous ne saurions mieux clôturer cette rapide biographie qu’en exprimant à cet aimable baryton toute la satisfaction pour le véritable délassement qu’il procure aux fidèles du théâtre, d’une façon si réservée à tous les points de vue. Vous avez brillamment commencé, lui disons-nous, puissiez-vous mieux finir encore.

(Annuaire des Artistes, 1906)

Jean Dezair est actuellement réengagé au Grand Théâtre de Lyon, pour la seconde année comme premier baryton d'opéra-comique, il y remporte les plus éclatants succès.

(Annuaire des Artistes, 1908)

 

 

 

 

 

M. J. B. Dezair, baryton d'opéra-comique, né à Lyon, fit ses études au conservatoire de cette ville et fut élève de M. Dauphin ; il obtint le premier prix de chant, le premier prix d'opéra et le premier prix du ministre des Beaux-Arts. Ses débuts eurent lieu à Nîmes. Il fit ensuite deux saisons à Lyon, deux saisons à Genève, deux saisons à Anvers, interprétant tout le répertoire.

M. Dezair est le premier créateur à l'étranger de la Sorcière, rôle de Ximénès (Gand, 1912).

Il avait créé précédemment la Glu, à Anvers. Entre temps il se fit entendre dans les principales villes de France et, en saison d'été, à Vittel.

M. Dezair a été spécialement engagé par MM. Isola pour la reprise de Rip (octobre 1913) à la Gaîté-Lyrique. Est actuellement au Théâtre d'Oran, où il doit créer Françoise, de M. Pons, et la Reine Fiammette.

(Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)

 

 

 

 

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