Hélène DEMELLIER

Hélène Demellier en 1907
Hélène Alice Augustine DEMELLIER dite Hélène DEMELLIER
soprano français
(165 rue Saint-Antoine, Paris 4e, 28 décembre 1877* – Neuilly-sur-Seine, 09 mars 1961)
Fille de Louis Augustin DEMELLIER (La Mothe-Saint-Héray, Deux-Sèvres, 14 mars 1830* – Châtellerault, Vienne, 14 avril 1906), professeur de lycée puis négociant en vin, et d’Amélie Louise Augustine LEBRETON (Bercy, Seine [auj. dans Paris 12e], 30 octobre 1845* – 2 rue du Printemps, Paris 17e, 19 juin 1931*), mariés à Paris 12e le 17 juin 1867*.
Epouse à Paris 1er le 02 août 1932* (divorcent le 08 janvier 1942 et se remarient à Paris 1er le 16 septembre 1948*) Henry Émile Hermand MALHERBE (Bucarest, Roumanie, 04 février 1887 – 2 rue du Printemps, Paris 17e, 07 mars 1958*), homme de lettres, secrétaire général (décembre 1913 à novembre 1924) puis directeur de l’Opéra-Comique (10 juin 1946 au 01 mars 1948) [frère de William MALHERBE (Bucarest, 28 décembre 1884 – Paris 16e, 25 octobre 1951*), artiste peintre].
Elève d’Eugénie Vergin (Mme Edouard Colonne). Elle a débuté à la Salle Favart en 1905, où elle a créé la Habanera (Pilar) de Laparra en 1908. Le 28 mars 1911, elle a chanté à la Monnaie de Bruxelles la première de l’Enfance du Christ (Sainte Marie) de Berlioz. Le 05 février 1913, elle a chanté au Théâtre des Arts le Couronnement de Poppée (Octavie) de Monteverdi [révisé par Vincent d’Indy], aux côtés de Claire Croiza. En février 1914, elle a chanté à l’Opéra de Marseille Panurge (Colombe). Le 28 février 1925, elle a chanté au Grand-Théâtre-Opéra de Lille la Habanera (Pilar). Elle fut également professeur de chant. Le 10 avril 1911, elle a été nommée officier d’académie.
En 1908, elle habitait 2 rue du Printemps à Paris 17e.
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Sa carrière à l'Opéra-Comique
Elle y débuta le 17 novembre 1905 dans Louise (Louise).
Elle y créa le 27 mars 1906 Aphrodite (Rhodis) de Camille Erlanger ; le 10 mai 1907 Ariane et Barbe-Bleue (Mélisande) de Paul Dukas ; le 26 février 1908 la Habanera (Pilar) de Raoul Laparra.
Elle y participa à la première le 20 décembre 1906 de la Rencontre imprévue ou les Pèlerins de La Mecque (Rézia) de Gluck [version française de Louis Hurtout Dancourt].
Elle y chanta Cavalleria rusticana (Santuzza) ; le Chemineau (Toinette, 10 avril 1908) ; Mignon (Mignon, 07 mai 1916) ; Mireille (Vincenette, 07 novembre 1907 ; reprise salle de la Gaîté le 07 janvier 1908) ; Werther (Charlotte, 07 novembre 1906). |

Hélène Demellier en 1914 [photo Berger]
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[Opéra-Comique, 17 novembre 1905] Au lendemain de la savoureuse et pittoresque Miarka de MM. Jean Richepin et Alexandre Georges, qui réalisait, avec son remarquable trio Mmes Marguerite Carré, Héglon et M. Jean Périer, des recettes de plus de neuf mille francs, l'Opéra-Comique nous offrait un intéressant début : celui de Mlle Hélène Demellier, une jeune et intelligente cantatrice à la voix chaleureuse et délicieusement homogène, qui se faisait entendre pour la première fois, l'an dernier, au Châtelet, en interprétant avec un rare talent Hulda de César Franck. Mais autre chose est de se produire sur une estrade de concert, et de composer sur la scène un rôle aussi important que celui de la Louise de M. Gustave Charpentier, où se sont illustrées déjà plusieurs artistes de valeur. Mlle Demellier n'a trompé aucune des jolies espérances qu'on avait fondées sur elle. Nous avons retrouvé la chanteuse au timbre charmant, à l'émission sûre, à la diction claire et précise que nous promettait sa première apparition, et elle fait vraiment grand honneur au brillant enseignement de son éminent professeur, Mme Ed. Colonne. Elle a dit son premier duo avec une infinie tendresse, et a vu s'accroître encore l'autorité qu'elle prenait sur le public à l'acte de Montmartre, où elle nous a tous conquis par la sincérité d'expression de son bonheur triomphant. On sait que M. Albert Carré a l'art de mettre au point les sujets qu'il a dans la main : aussi la comédienne est-elle déjà, chez Mlle Demellier, à la hauteur de la cantatrice, et c'est avec beaucoup de grâce et de simplicité, sans nulle gaucherie, qu'elle a rendu cette touchante figure de jeune fille, dont l'amour chaste a de si passionnés élans. La jeune débutante était d'ailleurs dignement entourée et soutenue par MM. Beyle, Dufranne, Mme Cocyte, vaillants protagonistes de la belle œuvre de M. G. Charpentier. (Edouard Noël et Edmond Stoullig, les Annales du théâtre et de la musique 1905, 1906)
[création de la Habanera] Les interprètes sont chaleureusement acclamés et rappelés après chaque acte un nombre incalculable de fois. Mlle Demellier, tenant compte de la vraisemblance, s'est légèrement vieillie, pas encore assez, au deuxième acte, où elle doit avoir vingt ans de plus qu'au prologue. Mais elle se montre tout de même très « nature », expressive et dramatique ; sa diction est si nette qu'on ne perd pas un mot. (Edouard Noël et Edmond Stoullig, les Annales du théâtre et de la musique 1908, 1909)
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Hélène Demellier en 1924 [photo Studio Soulat-Boussus]
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Mlle Hélène Demellier, née à Paris, élève de Mme Colonne, débuta en 1905 à l'Opéra-Comique, dans le rôle de Louise ; elle y chanta également Werther (Charlotte), le Chemineau (Toinette), Mignon, etc. Créa le rôle de Rhodis dans Aphrodite, de Mélisande dans Ariane et Barbe-Bleue, de Pilar dans la Habanera. Donna des représentations lors de la première saison française au Théâtre Royal de San-Carlos de Lisbonne (1908), où elle créa le Chemineau, sous la direction de l'auteur et interpréta, sur cette même scène, Werther. On la retrouve, en 1910, à Covent-Garden, où elle crée la Habanera, puis en saison d'hiver à la Monnaie, où elle chante l'Attaque du moulin, Mignon et crée l'Enfance du Christ, de Berlioz. Mlle Demellier s'est fait entendre à Royan, Cauterets, Anvers, Ostende, etc. Elle chanta également chez Lamoureux, Colonne et aux concerts du Conservatoire.
(Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
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Hélène Demellier en 1907 [photo Berger]
