Édouard COTREUIL

Edouard Cotreuil dans Faust (Méphistophélès) en 1912 [photo Panajou frères, Bordeaux]
Édouard Pierre Alfred COTREUIL dit Édouard COTREUIL
basse française
(40 boulevard Beaumarchais, Paris 11e, 11 avril 1874* – ap. 1932)
Fils d’Édouard Arsène COTREUIL (Caen, Calvados, 28 avril 1839* – ap. 1897), bijoutier [fils de Henry Jean COTREUIL (Alençon, Orne, 04 octobre 1805 – Paris 4e, 08 juillet 1875*), domestique], et de Catherine MULLER (Perle, cercle de Saarbourg, Prusse, 23 juillet 1847 – ap. 1897), fruitière, mariés à Paris 6e le 23 septembre 1871*.
Epouse à Paris 11e le 11 mai 1897* Berthe Léonie DATIN (Paris 10e, 23 avril 1876* – Chartrettes, Seine-et-Marne, 18 janvier 1958), peintre sur porcelaine.
Parents d’Henri Eugène Édouard COTREUIL (Paris 11e, 10 juillet 1899* – Paris 18e, 10 décembre 1973*), métreur vérificateur [épouse à Paris 10e le 13 août 1925* Catherine Ernestine TESTEMALE (Paris 4e, 30 mars 1889* – Villiers-le-Bel, Val-d’Oise, 04 octobre 1978), modiste].
D’abord peintre sur porcelaine, il entra au Conservatoire de Paris dans la classe de chant d’Edmond Vergnet, puis dans celle d’Eugène Crosti, et fit une carrière de basse chantante. De 1902 à 1905, il a chanté à la Monnaie de Bruxelles, où il a créé Jean Michel (Louis) d’Albert Dupuis le 04 janvier 1903, l’Etranger (un Pêcheur, le Contrebandier) de Vincent d’Indy le 07 janvier 1903, le Roi Arthus (Merlin) d’Ernest Chausson le 30 novembre 1903, et a chanté les premières du Légataire universel (Scrupule) de Pfeiffer le 31 octobre 1902, de Sapho (Césaire) de Massenet le 03 novembre 1903, de la Belle au bois dormant (le Roi) de Silver le 30 décembre 1903, de la Tosca (Angelotti) de Puccini [en français] le 02 avril 1904 et du Jongleur de Notre-Dame (le Prieur) de Massenet le 25 novembre 1904. Il chanta avec succès au Covent Garden de Londres lors des saisons 1904-1905, 1919-1920 et 1924-1927, y participant aux adieux de Nellie Melba le 09 juin 1926 dans l’acte IV de la Bohème (Colline). Entre 1905 et 1911, il a participé à beaucoup de représentations au Grand-Théâtre de Bordeaux, dont la première de la Damnation de Faust (Méphistophélès) de Berlioz le 15 novembre 1905, de Chérubin (le Philosophe) de Massenet le 27 décembre 1905, des Girondins (Varlet) de Le Borne le 21 février 1906, de Werther (le Bailli) de Massenet le 16 octobre 1906, de la Mort de Tintagiles (Aglovale) de Nouguès le 16 novembre 1906, de Marie-Magdeleine (Judas) de Massenet le 20 mars 1907. Pour la saison 1908-1909, il était à l’Opéra de Lyon où il a créa Salomé (Hérode) d’Antoine Mariotte le 30 octobre 1908. Pour celle de 1909-1910, il était au Théâtre Graslin de Nantes, où il participa aux premières de Quo vadis ? (l’apôtre Pierre) de Nouguès le 23 décembre 1909 et de l’Anniversaire de Mercier le 14 janvier 1910. Le 01 avril 1913, il créa la Vie brève (oncle Sarvaor) de Manuel de Falla [en français] au Casino Municipal de Nice. Il a chanté à la Gaîté-Lyrique : une reprise du Chemineau (François) le 20 novembre 1913, une reprise d’Hérodiade (Phanuel) le 07 janvier 1914, la première de la Bohème (Schaunard) de Puccini le 28 janvier 1914, celle de Madame Roland (Roland) de Fourdrain le 01 avril 1914, une reprise de l’Africaine (Don Pedro) le 08 avril 1914 et la première de la Vendetta (Tonio) de Nouguès le 13 mai 1914. Il participa aux premières de l'Heure espagnole (Don Inigo) de Ravel à Londres le 24 juillet 1919 et à New York le 28 janvier 1920. En 1920, il fut engagé par l'Opéra de Chicago et y chanta avec succès jusqu'en 1929 ; il y créa le 30 décembre 1921 l'Amour trois oranges (le Roi de Trèfle) de Prokofiev [en français]. Il fut nommé officier d’académie en 1913.
En 1899, il habitait 5 rue de la Fontaine-au-Roi à Paris 11e ; en 1913, 16 avenue des Peupliers à Neuilly-Plaisance, Seine [auj. Seine-Saint-Denis] ; en 1914, 11 boulevard Voltaire à Paris 11e ; en 1925, à Chartrettes (Seine-et-Marne).
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Parisien de naissance il fut d'abord peintre sur porcelaine, puis il entra au Conservatoire comme auditeur dans la classe de Vergnet, à qui le présenta le fort ténor Sellier. Reçu élève titulaire, il y passa trois ans sous la direction du maître Crosti et fut immédiatement engagé à sa sortie, pour une période de trois années par M. Guidé et Kufferath, directeurs de la Monnaie de Bruxelles. Il y créa le Jongleur de Notre-Dame, Jean Michel et le Roi Artus. Il signa ensuite avec le Covent Garden de Londres où il chanta en français, allemand et italien avec le plus grand succès. Bordeaux le garda ensuite deux années durant. Il y fit une création sensationnelle de la Damnation de Faust. A Genève où il passa un an, il créa les Armaillis et à Lyon où il chanta un an également, la Glaneuse. A Rouen ce fut l'Anniversaire, Quo Vadis ? Enfin il fut engagé à l'Opéra de Nice où il se fit remarquer pour son grand talent de composition tout particulièrement dans le Diable de Grisélidis et les Contes d'Hoffmann. Engagé par la Direction artistique du Casino Municipal, il y tient son emploi depuis le début de l'année pour le plus grand agrément des habitués. Prochainement il créera sur cette scène le rôle de Golaud de Pelléas et Mélisande. M. Cotreuil a une grande étendue de voix lui permettant de chanter les basses chantantes et les barytons. Du reste, M. Crosti, l'éminent professeur du Conservatoire, lui avait toujours prédit qu'il chanterait les barytons d'opéra. (la Vie mondaine à Nice, 25 janvier 1912)
M. Édouard Cotreuil, né à Paris, fut d'abord peintre sur porcelaine. Un jour que, tout en peignant, il chantait quelques romances, un de ses amis présents, le ténor Sellier, lui conseilla de faire du théâtre. Présenté à M. Vergnet, il travailla trois années avec lui. Engagé aussitôt après à la Monnaie, il y resta trois ans, chantant à volonté les basses et les barytons. Puis, il fit deux saisons au Covent Garden de Londres, interprétant le répertoire en français, en allemand et en italien. M. Cotreuil a fait également plusieurs saisons à Bordeaux, où il créa la Damnation de Faust, à Rouen, Lyon (deux ans), Genève (trois ans), où il créa Louise, Thaïs, la Damnation de Faust, les Armaillis, à Nice (trois ans). Dans toutes ces villes, il fit d'importantes créations. Chanta à la Gaîté-Lyrique le rôle d'Hérode, dans la Salomé de M. Mariotte, et Panurge. A fait, l'hiver dernier, à Nice, la reprise de Don Juan (rôle de Leporello), aux côtés de Mme Félia Litvinne. Entre temps, M. Cotreuil s'est fait entendre dans les principales villes d'eaux, en saison d'été, et, depuis deux années, au Casino d'Enghien. Vient de reprendre le Chemineau à la Gaîté-Lyrique. (Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
Chartrettes. - Ayant un engagement à l’Opéra de Chicago, M. Cotreuil, artiste lyrique, quittait avec sa femme, la semaine dernière, sa villa Gai-Logis, rue de Fontaine-le‑Port, à Chartrettes, pour s'embarquer le 15 sur le paquebot « Ile-de‑France ». Il laissa la garde de sa propriété à sa femme de ménage, Mme Fricher, née Marcelle Pons, 32 ans. Cette dame venant lundi matin apporter du linge, constata toutes les pièces bouleversées dans la villa. Pour pénétrer, les cambrioleurs avaient brisé une vitre de la fenêtre du salon, ce qui leur avait permis de faire jouer l'espagnolette. La garde avertit M. Henri Cotreuil, fils du propriétaire, architecte à Paris, 44, rue Claude-Vellefaux, qui se rendit compte que placards, meubles et lits avaient été fouillés, mais les cambrioleurs n'ayant pas trouvé d'argent n'avaient rien emporté. (l’Informateur de Seine-et-Marne, 24 octobre 1931)
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Discographie
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