Romain CARBELLY

Romain Carbelly en 1914 [photo Panajou, Bordeaux]
Paul Romain DE CASTERAS dit Romain CARBELLY
baryton français
(rue Manuel, Saint-Amand-Montrond, Cher, 21 juillet 1877* – Nancy, Meurthe-et-Moselle, 07 avril 1964)
Fils de Jean Joseph Louis Camille DE CASTERAS (Saint-Privat, Corrèze, 15 mars 1843* – ap. 1926), percepteur [fils de Jean François DE CASTERAS (1811 –)], et de Berthe Marie Stéphanie VIGOUROUX (Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme, 21 janvier 1849* – Versailles, Seine-et-Oise [auj. Yvelines], 05 septembre 1926*), mariés à Saint-Amand-Montrond le 11 juillet 1870*.
Epouse 1. à Paris 8e le 01 juillet 1907* Jeanne Louise OPPENHEIM (New York, États-Unis, 14 mai 1883 – av. 1946).
Epouse 2. à Nancy le 11 mai 1946* Yvonne PETIGAND (Dudelange, Grand-duché de Luxembourg, 15 février 1892 –), négociante.
Docteur en médecine, il fut élève au Conservatoire de Paris ; il y obtint, en solfège (élève de Vernaelde), une 3e médaille en 1905 et une 2e médaille en 1906 ; en chant (élève d’Auguste De Martini), un premier prix en 1905 ; en opéra (élève de Melchissédec), un second prix en 1905 et un premier prix en 1906. Il chanta au Palais Garnier à partir de 1906. Il chanta également en province (Bordeaux, 1910). En février 1912, il a créé les Trois Masques (Prati Della Corba) d’Isidore de Lara au Grand-Théâtre de Marseille. Le 11 janvier 1919, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, à titre militaire (il était médecin major pendant la Grande Guerre). En 1928, il fut nommé professeur de chant au Conservatoire de Nancy et fut nommé officier de l’instruction publique le 25 février 1930. Le 30 juin 1938, toujours à ce poste, il fut promu officier de la Légion d’honneur, à titre militaire. Il mesurait 1,90 m.
En 1907, il habitait 30 rue de Montholon à Paris 9e ; en 1914, 22 rue de Tocqueville à Paris 17e ; en 1938, 33 rue des Tiercelins à Nancy. Il est décédé en 1964 à quatre-vingt-six ans.
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Sa carrière à l'Opéra de Paris
Il y débuta le 05 décembre 1906 dans Sigurd (Gunther).
Il y chanta le Prophète (Mathisen, 01 avril 1908) ; Roméo et Juliette (Capulet, 08 juillet 1908) ; Guillaume Tell (Guillaume Tell, 29 juillet 1908) ; Faust (Valentin, 1922) ; Boris Godounov (le Héraut, 1922) ; Samson et Dalila (le Grand Prêtre, 1922) ; les Maîtres chanteurs de Nuremberg (Fritz Kothner, 1923) ; Rigoletto (Monterone, 1923) ; Aïda (Amonasro, 1923) ; la Walkyrie (Wotan, 1923) ; Sigurd (un Prêtre d'Odin, 1924) ; Antar (Amarat, 1924) ; le Crépuscule des dieux (Gunther, 1925) ; Tannhäuser (Biterolf, 1925) ; Salomé (1er Soldat, 1926).
Il y participa à la première le 24 décembre 1921 d'Hérodiade (Vitellius) de Jules Massenet ; le 27 février 1927 des Burgraves (Platon ; Jossius) de Léo Sachs. |

Romain Carbelly en 1905 [photo Manuel]
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M. Romain Carbelly est né à Saint-Amand-Montrond (Cher). Il fit toutes ses études à Lille, où il fut reçu docteur en médecine. Entre temps, avait été admis au conservatoire de cette ville, mais il fut obligé de le quitter peu après, étant trop absorbé par ses études médicales. Faisait partie des Orphéonistes Lillois et des Chœurs Maquet, où il paracheva ses études musicales. Après son doctorat, il fut reçu au Conservatoire de Paris, dans la classe de M. De Martini, où il obtint, la première année, une médaille de solfège, le premier prix de chant, le second prix d'opéra. Resta une année encore dans la classe de M. Melchissédec, qui lui fit obtenir un premier prix d'opéra. Engagé immédiatement à l'Opéra par M. Gailhard (1906), il débuta dans Sigurd (Gunther), puis chanta différentes œuvres du répertoire, telles que celles de Roméo et Juliette, Guillaume Tell, Faust, Samson et Dalila, le Prophète. Réengagé par MM. Messager et Broussan, il quitta l'Opéra peu après pour faire la saison au Grand-Théâtre de Bordeaux, où il resta deux ans ; passa ensuite à Marseille, Nice, etc., et se fit entendre en représentation sur diverses scènes françaises.
(Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
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de g. à dr., Romain Carbelly (Prati Della Corba), Jeanne Marié de l'Isle (Mancecca) et Francisco Nuibo (Paolo) dans l'acte II des Trois Masques d'Isidore de Lara lors de la création en février 1912 [photo F. Genouliat]
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Le nouveau professeur de chant du Conservatoire : M. Carbelly. Donc, M. Carbelly, de l'Opéra, a été, à la suite du concours qui a eu lieu au Conservatoire, présenté à l'unanimité pour la chaire vacante de professeur de chant, et il vient d'être officiellement nommé. Carbelly est le nom de théâtre du nouveau professeur : il s'appelle en réalité Romain de Casteras, est né à Saint-Amand (Cher) et est âgé de 50 ans. Son père fut percepteur à Lille où le jeune de Casteras fit toutes ses études au Lycée, puis à la Faculté de médecine, en même temps qu'il suivait les cours du Conservatoire. Romain de Casteras fut reçu docteur en médecine, mais, attiré par la musique, doué d'une fort belle voix de baryton, il se rendit à Paris et fut reçu, en 1903, au Conservatoire national, dans la classe de M. De Martini (d'où sont sortis Alvarez, Lafont, Marthe Chenal, Martyl, Lubin et bien d'autres). Il suivit en même temps la classe d'opéra du célèbre Melchissédec. Il fut un des brillants lauréats du Conservatoire de Paris. Voici ses récompenses : En 1905, 1er prix de chant, dès son premier concours (seul nommé) ; 2e prix d'opéra ; 3e médaille de solfège. En 1906, 1er prix d'opéra (seul nommé) ; 2e médaille de solfège. Ainsi muni des plus hautes récompenses, M. Carbelly (appelons-le maintenant de son nom de théâtre), fut engagé à l'Opéra, par la direction Gailhard. On peut dire qu'il y a fait toute sa carrière. Il a débuté par un des plus beaux rôles du répertoire de baryton : Gunther de Sigurd, puis il joua Faust (Valentin), Samson et Dalila (le grand prêtre), le Prophète (Mathisen), Guillaume Tell (Guillaume), un de ses triomphes, Roméo et Juliette (Mercutio et Capulet), Hippolyte et Aricie (Neptune), etc. Il est appelé à Bordeaux où, pendant deux années de suite, il remporte des succès dont on parle encore dans la grande capitale du Sud-Ouest. C'est lui qui y crée Monna Vanna, la Habanera et Quo Vadis ? De même, Marseille fait appel à son concours pour les créations de Charlemagne, des Trois Masques, de la Déjanire de Saint-Saëns. En 1913-1914, le grand théâtre de Nice lui demande de venir chanter toute la Tétralogie de Richard Wagner. Il interprète Wotan dans l'Or du Rhin et la Walkyrie, le Voyageur dans Siegfried, Gunther dans le Crépuscule. Survient la guerre. Le baryton Carbelly redevient le médecin-major à trois galons de Casteras, attaché à un des régiments de notre 20e corps. Sa conduite admirable lui vaut quatre citations, et la croix de la Légion d'honneur. En 1918, la guerre terminée, M. Carbelly va chanter Louise, Carmen, la Tosca et Thaïs à la Monnaie de Bruxelles et est rappelé à Paris pour créer au Vaudeville, transformé en théâtre lyrique par Gheusi, Tarass Boulba de Samuel Rousseau, l’Enfant prodigue de Debussy et la Cléopâtre de Massenet. Après la fermeture du Vaudeville lyrique, Carbelly participe en Hollande aux grandes représentations françaises et va de là à Barcelone. Puis il reprend sa place à l'Opéra qu'il ne quittera plus et à la troupe duquel il est toujours attaché. Il y chante d'une façon régulière tout le répertoire actuel : Faust, Samson, Aïda, la Walkyrie, les Maîtres chanteurs, Boris Godounov, Antar, etc... Lorsque Carbelly est venu concourir pour la chaire de professeur de chant, il avait chanté la veille le Gunther du Crépuscule. M. Carbelly n'est pas seulement un chanteur de théâtre. Il a prêté son concours à tous les grands concerts. Chez Colonne, il a interprété des œuvres de Ch. Lefèvre, de Blondel, de Schumann, la Damnation de Faust, etc. Chez Lekey il a créé les Chants de guerre d'Alexandre Georges, chez Lamoureux le Prométhée de Reynaldo Hahn. Il y a chanté aussi la 9e Symphonie, l'Or du Rhin, des mélodies de Fauré, etc... Au Conservatoire, il chante les Béatitudes, la Messe en ré, le Requiem de Fauré, etc.... Chez Pasdeloup, des œuvres nouvelles d'Albert Roussel, de Louis Aubert, etc... Il a d'ailleurs chanté dans toutes les grandes villes de France et les habitués du Conservatoire de Nancy se rappellent l'avoir applaudi en 1906, sous la direction Guy Ropartz, dans la 9e Symphonie et dans les Chansons de Bretagne de Bourgault-Ducoudray. Pendant les saisons d'été, M. Carbelly a utilisé ses congés à l'Opéra pour chanter à Aix, à Vichy, Deauville, Cannes, Ostende. C'est lui, enfin, qui a interprété un certain nombre d'œuvres de concurrents au prix de Rome, notamment de Mlle Nadia Boulanger. M. Carbelly a occupé les loisirs trop rares que lui laisse sa profession de chanteur de théâtre au professorat. Il y a trouvé des satisfactions profondes. Aussi a-t-il pensé que le plus beau couronnement d'une carrière admirablement remplie — ainsi qu'on a pu le voir — serait de se consacrer uniquement à l'enseignement du chant. Et quand M. Bachelet, qui a été son chef à l'Opéra, lui a signalé qu'un concours était ouvert à Nancy, M. Carbelly a accepté de s'y présenter. Son succès a été décisif. Ainsi donc le Conservatoire de Nancy va posséder parmi ses professeurs un beau chanteur, dont le talent a été consacré par les plus hautes récompenses officielles et par d'innombrables succès à Paris, en France et à l'étranger. C'est une bonne fortune dont tous les amis de la musique ne peuvent que sa réjouir. A la fois homme du monde, excellent musicien, technicien du chant, M. Carbelly a l'intelligence d'interrompre sa carrière de chanteur en plein succès et alors que ses moyens vocaux lui permettraient de la continuer encore de nombreuses années. Fidèle à la tradition du Conservatoire de Nancy, M. Bachelet présentera au public son nouveau collaborateur au concert de dimanche dans un air classique des Fêtes d'Alexandre, dans la Procession de Franck, et enfin dans Rebecca que M. Carbelly a chanté à l'Opéra quand l'oratorio de César Franck a été transporté à la scène.
(l’Est républicain, 23 mars 1928)
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Discographie
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les Gars d'Irlande (Augusta Holmès) Romain Carbelly & Orchestre Homophone 8841, mat. 2417B1, enr à Paris v. 1906
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Romance de l'Etoile extrait de l'acte III de Tannhäuser de Wagner [v. fr. de Charles Nuitter] Romain Carbelly & Orchestre Homophone 8842, mat. 527A5, enr à Paris le 20 juillet 1906
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